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    Messages - Jyôka Ryu

    Pages: [1] 2 3 ... 5
    1
    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 09 août 2017, 20:37:27 »
    Oh, merci pour ton avis !

    Ouf, ça me rassure... Je me demande toujours si j'écris bien mes descriptions. Parfois, j'ai peur d'en faire un peu trop, et d'autres fois pas assez^^ (Oui, je suis quelqu'un qui doute énormément... x))

    Spoiler
    Le commentaire du dernier chapitre qui confirme la règle :
    hurla Luka, qui s’était échappée du placard.
    Alors je sais pas si c'est moi ou quoi, mais l'emploi du mot "placard" m'a un peu coupé du moment dramatique x), on dirait presque un gag, ça m'a fait penser d'ailleurs quand j'ai lu ça à cet épisode de South park où Tom Cruise s'enferme dans le placard de Stan, mais là je digresse, Grèce. Un truc du genre "qui fit irruption" aurait été plus approprié pour ce genre de moment fort que "qui s'était échappée du placard"... BREF

    Alors, autant je n'y avais pas fait attention en l'écrivant, autant maintenant, je ne vais penser qu'à ça xD
    (Ou alors, je la fais sortir du placard pour de vrai... )

    Oui, en relisant le début, je me rends compte que l'histoire prend quand même du temps à se mettre en place... Je pense même que ça peut me faire perdre des lecteurs. Mais d'un autre côté, j'ai essayé de décrire au mieux l'univers et le caractère des personnages dans les premiers chapitres avant de me lancer dans l'intrigue principale... Maintenant, ça aurait pu être mieux géré, certainement (a posteriori, je trouve le début un peu lent aussi, j'ai même déjà pensé à le réécrire un peu, genre les deux premiers chapitres au moins, mais je ne dois pas être doué pour les introductions, parce que je ne suis jamais vraiment satisfait^^-)...

    Et puis, je préfère me concentrer sur la deuxième partie :-)

    Encore merci, et j'espère que la suite te plaira aussi !

    Spoiler
    Ça rien à voir mais je trouve que Fukase c'est tellement Roman Torchwick dans RWBY :0

    Alors ça, ce n'est pas volontaire, parce que je ne connaissais pas ^^' Mais je suis allé voir un peu et c'est vrai qu'il a un air de ressemblance en plus... Pour le caractère, je ne sais pas... Pour être franc, je me suis surtout inspiré du Joker dans Batman, parce que c'est mon méchant préféré, et j'aime ce genre d'antagonistes un peu psychopathes...

    2
    Bel article !

    Les meet-ups étaient une bonne idée, même si on n'était pas nombreux. Ça faisait plaisir de se rencontrer IRL.

    Je me souviendrai du stand EHAMIC. L'artiste était d'une gentillesse extrême, et j'ai adoré sa réaction quand je lui ai dit que j'achetais son vinyle :-)

    3
    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 05 août 2017, 17:03:27 »
    Coucou,

    Et voici le chapitre 22 ! On est à la fin de la première partie... J'espère que ça vous plaira...

    J'en profite pour remercier les lecteurs, et toutes les personnes qui me donnent un feed-back sur la fiction, ça me fait super plaisir^^

    Sinon, je commencerais bientôt le début de la deuxième partie, mais un petit chapitre bonus viendra avant (sur un personnage mystère...)

    Spoiler

    Chapitre 22 : Secrets

    - Luka, montre-toi !
     
    Ces mots avaient provoqué un soudain effroi dans l’esprit de la Reine. Après plusieurs années, elle entendait de nouveau la voix d’Owari. Bien sûr, elle l’avait déjà « croisé » lors de son enlèvement, mais uniquement via une communication vidéo - à laquelle elle ne comprenait pas grand-chose d’ailleurs. Ici, sa réapparition revêtait une impression tellement réelle. La peur commençait à monter en elle.
     
    Sous les ordres de Miku, Luka partit se cacher dans une sorte de grand placard, adjacent à la salle du trône, en compagnie de Meiko. Fukase ne devait en aucun cas la voir. De son côté, la souveraine se sentait encore coupable. Toutes ses vies perdues par sa faute, et ses compagnons qui continuaient à se battre pour elle. Elle partit donc pour la pièce d’à-côté le cœur gros, alors que les six autres guerriers, Miku, Gumi, Yuma, Rin, Len et Alys faisaient face à la porte qui tremblait.
     
    Celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître Fukase et Leora, ainsi qu’une quinzaine de soldats. Les autres membres de l’armée de Fukase continuaient de contrôler la ville.
     
    Immédiatement, la mercenaire aux cheveux rouges se lança vers sa congénère koryuiste, qui para facilement son attaque.
     
    - Ne crois pas que ça sera aussi facile que la dernière fois, lança Alys. « Je me suis entraînée ».
    - Ooh, ricana Leora. « Mais, ça tombe bien. Je rêvais d’un peu de résistance. »
     
    Le combat s’engagea. Les techniques affluaient de toutes parts. De nombreux halos s’échappaient des membres supérieurs des deux guerrières. Le niveau d’Alys avait sensiblement augmenté; son entraînement avec Shirosaki avait porté ses fruits, elle avait également grandement amélioré ses capacités en combat. Après quelques temps, Fukase s’impatientait, bien que cette lutte fût relativement plaisante à regarder. Mais Leora le coupa dans son élan.
     
    - C’est mon combat, patron. Je n’ai besoin d’aucune aide. Laissez-moi faire, s’il vous plaît.
    - Oh, tu sais que je ne peux rien te refuser. Alors, je vais me mettre à m’occuper de ceux-là, conclut Fukase, un regard vers les cinq sabreurs devant lui.
     
    D’un geste de la main, il ordonna à ses soldats d’engager la lutte. Ceux-ci tenaient leurs ennemis en joug, et se mirent à tirer. À leur grand étonnement, les balles ricochèrent sur un mur invisible.
     
    - Qu’est-ce que tu croyais ? Que nous n’avions pas pris nos précautions ? hurla Miku.
    - Qu’est-ce que c’est que ça ? maugréa Fukase.
     
    Leora observa la scène, bien qu’elle fût engluée dans son combat contre Alys.
     
    - C’est ton œuvre, hein ma petite, lança-t-elle en direction de la villageoise.
    - C’est ça. Tu pensais que j’allais laisser mes amis en danger ?
    - Leora, tue là immédiatement. Tout dépend de toi ! cria Fukase.
     
    Les deux koryuistes se firent face de nouveau, pleines de sueur. Le combat avait été très exigeant pour leurs organismes, et la mercenaire ne s’attendait pas à une résistance aussi élevée. De rage, elle se mit à vociférer dans tous les sens et se lança de nouveau vers son ennemie.
     
    Pendant ce temps, Luka était toujours enfermée dans la pièce d’à-côté. Elle regardait Meiko, et des larmes commençaient à couler le long de ses joues.
     
    - Ça ne va pas, confia-t-elle. « Ils sont en train de se battre pour moi, et je ne fais rien. Quelle reine je fais ! »
    - C’est comme ça, rétorqua Meiko. « Votre vie est trop importante pour que vous preniez part au combat ».
    - Ce n’est pas comme ça que je vois mon rôle de Reine.
     
    L’esprit perdu, elle analysa tous les recoins de la pièce, puis se tint la tête entre les mains. Elle remarqua alors la bague sertie d’une pierre bleue qu’elle avait toujours portée à son doigt et se releva, avant de se diriger vers la porte.
     
    Le combat entre Alys et Leora était toujours en cours. Les autres protagonistes présents dans la salle du trône était réduits à l’immobilisme, les six combattants du pays de Kuni devant rester derrière la barrière dressée par Alys. La villageoise offrait une très belle résistance à la mercenaire. Même Fukase commençait à douter des capacités de son associée, alors que Miku reprenait espoir.
     
    - Mais où as-tu appris tout ça ? lança Leora, étonnée.
    - J’ai étudié le Koryu attentivement et je me suis entraînée. Je me hisse maintenant à ton niveau.
    - C’est ce que tu crois !
     
    Alys, toute motivation regagnée, lança alors une attaque foudroyante qui cloua Leora au sol.
     
    - Ne pense pas que je me sois exercée uniquement à la technique de la barrière protectrice…
     
    La guerrière ennemie pesta. Elle qui était tellement assurée de sa supériorité, était à deux doigts de se faire battre par une personne qui s’était remise à étudier sérieusement son art que depuis quelques mois. Pleine de rage, elle se releva rapidement. D’énormes reflets de lumière rouge s’échappaient de ses bras. Leora lança alors son attaque la plus destructrice directement sur Alys, qui ne pouvait pas parer. Cette prise était si rapide, si bien exécutée qu’elle pouvait l’envoyer directement au tombeau. La jeune femme à la tresse vit alors les moments importants de sa vie passer devant ses yeux: sa rencontre avec Rin et Len, les différents entraînements avec son père quand elle était enfant, ainsi que la mort de Syla et Lysa. Pétrifiée par la peur, elle ne pouvait plus bouger. Un sourire se dessina sur le visage de Leora. Elle allait gagner cette lutte, et mettre fin à cette lignée maudite de koryuistes.
     
    Alys fermait les yeux, attendant son sort. Mais, elle ne sentit rien. Quelques instants avant l’impact, un corps s’était interposé. L’adepte reconnue la chevelure ébène de son ami Shirosaki, qui s’était contenté d’interposer son bras à l’endroit du choc. Celui-ci s’était arraché de son corps, et le jeune homme hurlait de douleur. Mais Alys était sauvée, c’était là l’essentiel. Le sang de Yuudai commençait à couler, la teinte écarlate patinait tout le sol environnant. Puis, le jeune homme s’écroula. Alys tenta au mieux d’arrêter l’hémorragie. Le Koryu lui permettait de stopper l’afflux de sang, sans plus. Il s’agissait d’une solution temporaire, mais le temps pressait.
     
    Leora recula de quelques pas. Elle éprouvait des difficultés à reprendre sa respiration. La mercenaire avait en effet mis toutes ses dernières forces dans cette ultime attaque, de sorte qu’il lui fut impossible d’attaquer son ennemie alors qu’elle était occupée à administrer les premiers soins au blessé.
     
    - Shirosaki… Mais pourquoi, murmura Alys.
     
    Le bibliothécaire eût du mal d’articuler.
     
    - Je… Je ne veux pas te perdre…
     
    Alys restait immobile, tandis que Shirosaki s’effondrait de douleur. Dans le même temps, la barrière dressée par la koryuiste qui protégeait les derniers membres de l’armée de Kuni cessa soudainement son effet. La villageoise n’avait plus d’énergie.
     
    Fukase observa ce moment et s’apprêta à donner l’assaut, lorsqu’il fut interrompu par une voix bien connue.
     
    - Arrête, Owari ! hurla Luka, qui s’était échappée du placard.
     
    ***

     
    - Luka ! Enfin je te retrouve ! sourit l’homme aux cheveux rouges.
    - Qu’est-ce que tu veux ? lui demanda la souveraine.
    - Je veux récupérer mon dû.
    - Le pays ne t’appartient pas !
    - Maintenant si. Regarde ! Mes soldats ont mis la ville à feu et à sang. C’est terminé !
    - Pas encore !
     
    Luka sortit alors sa bague à pierre bleue, qui se mit à briller. Miku observa la scène: « Ma Reine, ne faites pas ça ! » cria-t-elle.
     
    - Je n’ai pas le choix, Miku… Konaimu no nichi !
     
    Une lueur aveuglante s’échappa du bijou. Puis, quelques instants plus tard, une meute de gigantesques lions apparut au beau milieu de la salle du trône. Miku ne prononça plus un seul mot, de même que le reste de l’état-major de l’armée qui était sous le choc. Luka leur lança alors un regard significatif.
     
    - Oui, je suis une Magicienne. C’est l’héritage de ma mère !
     
    La couleur jaune des trois lions se reflétait dans tous les murs de la pièce. Quelques secondes plus tard, ils émirent tous un énorme grognement et se rangèrent aux côtés de la souveraine. Les six membres de la Garde royale reculèrent, effrayés.
     
    Fukase restait immobile, peu impressionné. A la vue des trois fauves devant eux, ses soldats firent mine de vouloir lancer une attaque, convaincus par leur supériorité technologique, mais le chef les arrêta d’un geste de la main. Il plaça ensuite sa canne en forme de clown devant lui. Le pommeau s’éclaira d’une lueur rougeâtre malfaisante.
     
    - Akai piero… énonça-t-il calmement.
     
    De nouveau, trois apparitions firent leur entrée dans la salle du trône. Les invocations de Fukase revêtirent une forme plus humaine. Elles ressemblaient à des marionnettes géantes. Par rapport aux lions, cette magie se montrait moins impressionnante. C’est ce que les spectateurs profanes pouvaient penser avant d’observer la vitesse à laquelle ces monstres de plusieurs mètres de hauteur pouvaient se mouvoir.
     
    Soudainement, une énorme barrière de feu se dirigea vers les invocations de l’homme à la canne. Celle-ci provenait de l’un des trois lions, mais fut facilement évitée par les marionnettes. Immédiatement, les deux autres invocations de Fukase se lancèrent vers les lions restants de Luka. Contrairement à ceux-ci, les marionnettes pouvaient faire parler leur vitesse. Ils esquivaient de ce fait les attaques puissantes des fauves de la souveraine.
     
    Alors que le combat magique faisait rage, Gumi, Yuma, Rin, Len et Alys interrogèrent Miku avec attention:
     
    - Vous étiez au courant ? demanda Gumi.
    - Oui…
    - Mais pourquoi l’avoir caché ? interrogea Yuma.
    - C’est pourtant facile à comprendre, répondit Miku violemment, sans doute encore sous le choc. « Les Magiciens sont discriminés au pays de Kuni. Si la population apprenait que la Reine est liée d’une quelconque façon à cette guilde, elle risque sa place. »
    - Mais alors, elle n’est pas la fille du Roi ? conclut soudainement Len.
    - Si, elle tient ce pouvoir de sa mère. C’est une longue histoire…
    - Et Fukase, qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ? Rin essayait d’intervenir dans la conversation.
    - Ça, je ne sais pas. Elle ne m’a jamais parlé de lui…
     
    Miku restait dans l’expectative. La lutte entre Luka et Owari continuait. Tout le monde, y compris les combattants de Fukase, étaient absorbés par la magie qui s’opérait devant eux.
     
    Les lions de Luka faisaient preuve d’une puissance indescriptible, mais ils ne parvinrent jamais à toucher les marionnettes de Fukase, trop rapides.
     
    - Alors, tu fais enfin face à ce que tu es, Luka ?
     
    La Reine ne répondit pas à ces provocations. Pourtant, et dès l’instant où elle avait révélé son secret, elle savait qu’elle pouvait tout perdre. Cet aveu, selon elle, allait lui coûter sa place.  Jamais les citoyens ne voudraient d’une Magicienne comme souveraine. Et qu’allaient dire les chefs de village ? Tous les doutes qui l’avaient forcé à ne pas dévoiler sa véritable face resurgissaient. Cependant, elle devait rester attentive à son ennemi. Il commençait à prendre le dessus. Le seul objectif de Luka en ce moment était de protéger le pays.
     
    Peu après, Leora, qui avait repris ses esprits après son combat contre Alys, décida de faire fi des événements en cours, et de porter de nouveau des attaques vers la villageoise. Dans son entrain, les soldats de Fukase se lancèrent vers l’état-major de la Garde Royale. Tous furent donc forcés de participer au combat.
     
    Yuma se lança rapidement vers la horde, et élimina quelques combattants. Gumi suivait juste derrière lui, ainsi que Miku. Alys avait contré les attaques de Leora et était prise dans un deuxième round de lutte. Rin et Len, eux, tentèrent tant bien que mal d’aider leurs amis et collègues, malgré leur plus faible niveau.
     
    La salle du trône ressemblait dès lors à un immense champ de bataille. Les lumières créées par les incantations de magie et de Koryu côtoyaient les mares de sang des soldats tombés. Pour le moment, aucun blessé, hormis Shirosaki, n’était à déplorer dans les rangs de l’armée de Kuni. Mais Fukase prenait peu à peu le dessus. Soudainement, un impact de balle toucha la jambe gauche de Yuma, provoquant un coup d’arrêt sec dans la lutte en cours. Plusieurs soldats l’encerclèrent et le firent prisonnier.
     
    Miku observa la scène:
     
    - Ça sent très mauvais. Si nous restons là, nous filons vers la mort !
    - Mais on ne va pas fuir tout de même, répondit Gumi
    - Je pense que nous n’avons pas d’autre choix
     
    Rin, Len et Alys acquiescèrent de leur côté. Ils avaient beaucoup trop puisé dans leur énergie, et menaçaient de s’évanouir d’un instant à l’autre.
     
    - Et Yuma ? maugréa la guerrière aux cheveux verts.
     
    Le samouraï à la tenue noire avait suivi la conversation de loin, tombé au milieu des soldats ennemis. Il fixa la guerrière dans les yeux.
     
    - Pars, Gumi ! Nous ne pouvons plus rien faire !
    - Mais, je ne veux pas m’enfuir sans toi…
    - Tu n’as pas le choix. Sauve-toi et reste en vie ! Ne t’occupe pas de moi …
     
    Miku tira sa lieutenante par la manche, non sans jeter un dernier regard vers Yuma. Gumi fixa son compagnon :
     
    - Yuma, je t’aime…
     
    Le guerrier sourit subrepticement. « Moi aussi… », murmura-t-il.
     
    La commandante avait bien entendu les déclarations des deux amants mais était bien trop occupée par la guerre en cours. Malgré son inévitable surprise, elle décida rapidement de remettre ce sujet à plus tard.
     
    - Ma Reine, dit-elle.
    - Oui Miku…
     
    Luka prononça une dernière formule: « Hikari ». Immédiatement, une énorme lumière blanche aveuglante envahit la salle du trône, aveuglant tous les ennemis. Les derniers combattants du pays de Kuni - l’ultime espoir du pays - en profitèrent pour prendre la fuite par l’arrière du Palais.
     
    Quelques minutes plus tard, l’effet du sort était terminé, et Fukase observa la salle du trône vide, si ce n’est ses soldats et son prisonnier, Yuma.
     
    - J’ai gagné… murmura-t-il. « Le pays de Kuni est à moi… »
     
    Il partit directement s’installer sur le trône à baldaquin du souverain du Royaume.
     
    - Plutôt pas mal… N’est-ce pas, Leora ?
    - Oui, chef… Mais permettez-moi d’émettre une réserve… Ils se sont enfuis. On ne devrait pas se lancer à leur poursuite ?
    - Bien sûr… Ma splendide victoire m’a fait oublier ce détail… ria-t-il. « Passe l’ordre à toutes les forces dans la ville. Il me faut la Reine, et vivante. Les autres peuvent être tués. »
    - Comme vous voudrez, patron.
     
    Leora sortit du Palais Royal et partit donner les instructions, tandis que Fukase fit le tour de son nouveau domaine, le sourire en coin. Il trouva Meiko, réfugiée dans le placard depuis le début de la bataille finale. Celle-ci l’observa. La peur s’observait sur son visage. Fukase la regardait de haut, et souriait:
     
    - Je suis votre nouveau maître désormais.
     
    ***
    Quelques minutes plus tard, Luka se retrouvait en compagnie de Miku, Gumi, Rin, Len, Alys et Shirosaki dans le souterrain secret qui se situait au détour d’une porte dérobée, près de la salle du trône. Tous les membres du groupe restèrent silencieux. On pouvait également entendre Fukase fanfaronner à l’étage du dessus. La souveraine tentait de réprimer sa colère. Elle venait de perdre le pouvoir et devait prendre la fuite, en laissant son peuple aux mains de cet être irresponsable.
     
    - Dépêchez-vous, ma Reine, murmura Miku.
    - Mon pays…
    - Nous reviendrons… Plus forts… Pour l’instant, nous ne pouvons rien faire…
     
    Pour la première fois, Gumi avait les larmes aux yeux. Rin et Len se trouvaient à ces côtés, et la soutenaient. Les jumeaux se remémoraient tous les moments passés avec leur maître de sabre. La guerrière n’était plus que l’ombre d’elle-même. La situation avait eu pour effet de faire avouer au public son amour pour Yuma, et les tourtereaux étaient désormais séparés.
     
    Rin dévisagea Miku, l’air interrogatif.
     
    - Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
    - On essaie déjà de s’enfuir de la ville. Nous allons essayer de sortir par le Nord. Les troupes de Fukase devraient être moins nombreuses à cet endroit normalement.
    - Et après ?
    - Après, on verra…
     
    La commandante n’avait pas d’autre option en tête. Dans l’immédiat, il fallait quitter cet enfer. L’ennemi n’avait pas encore pris tout le pays. Il était donc encore possible de trouver, quelque part, un endroit sûr.
     
    Un peu plus loin, Alys retenait Shirosaki par son épaule encore valide. Le jeune garçon hurlait de douleur. Quelques larmes perlaient le long des joues de la villageoise. Peu après, Luka s’avança vers eux.
     
    - Allongez-le. Je peux l’aider…
     
    Alys s’exécuta.
     
    - Vous pouvez le soigner ? demanda-t-elle, en pleurs.
    - Je peux lui sauver la vie, si c’est ce que vous demandez. Par contre, pour son bras, il n’y a pas grand-chose que je puisse faire…
     
    Shirosaki allongé sur le sol pierreux du souterrain, Luka s’agenouilla près de son flanc droit. Elle prononça une formule mystérieuse, et la bague qu’elle portait au doigt se mit à briller d’une lumière bleu électrique. Quelques secondes plus tard, le bibliothécaire se releva. Quelques gouttes de sueur coulaient le long de son front, et un moignon avait pris la place de son bras droit.
     
    - Voilà, vous êtes hors de danger. Encore désolée pour votre bras !
     
    Le jeune garçon salua la souveraine en guise de remerciement, mais restait silencieux. Alys eut un sourire pour Luka durant un léger instant. Puis, le groupe reprit la route.
     
    Pendant leur progression, Len continuait à réfléchir. Il faisait le bilan des derniers événements :
     
    - Mais pourquoi avoir caché votre pouvoir ma Reine ? demanda-t-il naïvement. « Et d’où cela vous vient ? »
    - Cela fait beaucoup de questions, mon cher Len, répondit-elle légèrement paniquée. « Enfin, au point où on en est, je pense que je peux vous dévoiler mon secret… »
     
    Tout son auditoire se montrait soudainement excessivement attentif, bien que personne n’arrêtât sa progression.
     
    - Ma mère, la femme de l’ancien Roi de Kuni, était issue de la Guilde des Magiciens. J’ai donc hérité de son pouvoir. Et Fukase… Enfin, Owari… était son premier fils, issu de son premier mariage… Il est donc mon demi-frère.
    - Mais pourquoi il cherche à prendre le pouvoir dans le pays ? se demanda Len.
    - Il est d’un caractère impulsif… De plus, quand ma mère a dû quitter l’île Maho pour rejoindre mon père, la Guilde a refusé que le garçon aille avec elle. Il était donc resté sur l’île…Après ça…
     
    Miku interrompit soudainement le récit de la Reine. Le groupe était parvenu à l’extrémité du tunnel. Une lumière vivace indiquait la sortie.
     
    Les sept membres arrivèrent donc dans une ruelle. Plus loin, on pouvait observer les remparts nord de la ville. La patronne de la Garde parcourut quelques mètres en éclaireur, jusqu’à l’avenue principale, relativement déserte. Visiblement, le gros des troupes de Fukase n’était pas encore arrivé à cet endroit. Alors qu’elle s’apprêtait à rejoindre le groupe, elle fut interrompue par une vieille dame qui portait un châle noir sur la tête. Observant la mine surprise de la commandante, l’inconnue dévoila rapidement son visage.
     
    - Madame Koharu ! s’écria Miku. « Que faites-vous ici ? »
    - J’ai un moyen de mettre la Reine en lieu sûr pendant quelques temps…
     
    La cheffe du village de Kyuuri se dévoila également au reste du groupe. L’aînée salua respectueusement la Reine Luka.
     
    - Le pays est avec vous, vous savez…commença-t-elle. « Mais, pour l’instant, vous devez rester en sécurité. Vous n’êtes pas de taille à lutter contre cet envahisseur pour l’instant. Cependant, j’ai une petite idée… »
    - Merci, ma chère Kinzaki, rétorqua Luka. « Quelle est votre idée ? »
    - Nous en parlerons plus tard. Tout d’abord, nous devons fuir Kyôu.
    - Mais…
    - Suivez-moi ! conclut la doyenne, faisant fi des remarques de la Reine.
     
    Le groupuscule avança lentement et prudemment. Au loin, on pouvait entendre les troupes ennemies avancer au fil des pillages et des massacres. Quelques dizaines de minutes plus tard, Luka et les autres franchirent la porte qui marquait la sortie de la ville, au Nord. La Reine portait un dernier regard vers le Palais, son Palais, qu’elle devait laisser aux mains d’un dégénéré. Elle répugnait son impuissance, ainsi que celle de son pays.
     
    - Ne vous en faites pas, ma Reine. Nous finirons par les vaincre. Ici, vous ne faites que battre en retraite pour revenir plus forte.
    - Mais quel est votre plan ? interrogea encore une fois la souveraine.
    - Vous le saurez bien assez tôt…
     
    Ainsi, les personnes qui représentaient le dernier espoir du pays de Kuni prirent place à bord d’une diligence discrète, spécialement affrétée pour eux par Koharu. Les chevaux galopaient, s’éloignant de la capitale.
     
    ***

    La diligence faisait cap vers le sud. La vieille Kinzaki Koharu chevauchait son destrier à côté de la carriole, laissant quelques instants privés à Luka et son groupe. La cabine était de taille acceptable pour sept personnes. La Reine profitait de ce temps de pause pour étayer quelque peu ses propos sur son passé. Passé le choc d’apprendre que celle-ci était une magicienne, ses collaborateurs désiraient en apprendre davantage. Rin et Len étaient un peu perdus. S’ils avaient conscience que cette caste de la population était particulièrement rejetée dans le monde de Sekai, leur opinion sur la souveraine n’avait pas grandement changé. En effet, ils avaient tellement vu de choses et vécu tant d’événements étranges, qu’ils n’en étaient plus à cela près. Miku était déjà au courant de ce secret, depuis sa plus tendre enfance. En fait, les trois personnes les plus étonnées par cette nouvelle furent Gumi, Alys et Shirosaki. La villageoise, de son côté, avait déjà deviné les raisons d’un tel comportement. En tant que pratiquante du Koryu, elle avait déjà dû faire face à de telles discriminations. Elle savait parfaitement que la Reine mettait sa place en péril si elle dévoilait son secret. Shirosaki, quant à lui, avait l’esprit suffisamment ouvert et était davantage préoccupé par l’état de son bras, ou plutôt par son absence. De ce fait, il ne pavoisa pas outre mesure.
     
    Gumi demeurait pensive. Luka avait remarqué la moue renfrognée de la lieutenante.
     
    - Qu’en penses-tu, Gumi ? La souveraine avait décidé d’aborder directement le sujet.
    - Honnêtement, que vous soyez une magicienne, je m’en contrefiche…
     
    Luka sourit, soulagée d’entendre que le secret qu’elle portait comme un fardeau depuis de nombreuses années n’était sans doute pas si important.
     
    - Cependant, je me demande pourquoi vous n’en avez pas parlé avant… C’aurait peut-être pu éviter tous ces incidents. Je me dis que vous aviez l’occasion de renouer des contacts amicaux avec la Guilde et que vous ne l’avez pas fait.
     
    La Reine baissa la tête. Au fond, la guerrière avait raison, même si son discours était clairsemé de rancœur et de dégoût, surtout à la suite de la capture de Yuma. Le fait de perdre son amant transparaissait clairement dans son discours. Une partie de la confiance qu’elle avait dans la Reine s’était étiolée à ce moment-là. Elle la tenait comme une des responsables du sort de son amoureux.
     
    - Gumi, veux-tu cesser ? ordonna Miku.
     
    Luka l’interrompit.
     
    - Non, Miku. Laisse-la dire ce qu’elle pense. Mon obscurantisme nous a tous mis dans cette situation. Le moins que je puisse faire, c’est de faire face aux critiques et y répondre.
    - Je n’ai rien à dire de plus, conclut rapidement Gumi.
    - Le fait est que… Je craignais plus que tout la réaction des citoyens. Je pensais en parler un jour, mais je repoussais sans cesse l’échéance, par peur… La dame savait bien que cela ne constituait pas une excuse valable aux yeux de sa subordonnée, mais elle ne pouvait rien dire de plus.
     
    Au bout de quelques heures, la diligence s’arrêta. Rin et Len sortirent de la diligence les premiers, suivis par Alys et Shirosaki, ensuite Gumi et Miku. La Reine fermait la marche. Kinzaki Koharu était descendue de son cheval et se dirigeait vers un bateau spécialement affrété. Le groupe se trouvait maintenant le long de la côte sud de l’île de Kuni.
     
    - Ma Reine, prenez ce bateau. Il voguera vers l’archipel Seisui. C’est un pays ami, il pourra certainement vous accueillir. Vous serez en sécurité là-bas, le temps de faire le point.
    - Cela signifie quitter le pays ? s’écria Miku.
    - Oui. Vous n’avez pas le choix. Si vous restez à Kuni, vous serez traqués sans cesse. Pour organiser la résistance, mieux vaut faire ça de l’étranger. D’autant plus que vous aurez certainement besoin de l’aide de vos alliés pour reconquérir le pays. Le temps des alliances est venu…
     
    Luka éprouvait des difficultés à accepter cette décision. Toutefois, la sagesse de Koharu était telle qu’il s’agissait certainement de la meilleure stratégie à adopter.
     
    - Et vous ? Qu’allez-vous faire ? demanda Luka.
    - Nous nous en sortirons… Il faudra bien quelques personnes courageuses pour faire face à ce dégénéré… Vous, contenez-vous de vous mettre en sécurité et de nouer de bonnes alliances. Nous attendrons patiemment votre retour.
    - Merci. Merci pour tout.
     
    Fait extrêmement rare, la Reine se mit à prendre Koharu dans ses bras. Quelques larmes se mirent à couler le long de ses joues. Pendant ce temps, le reste du groupe se mit à embarquer sur le petit bateau. Malgré sa petite taille, il paraissait insubmersible. Miku salua le capitaine, ainsi que les deux matelots à bord. Rin et Len examinèrent les moindres recoins de l’embarcation, alors qu’Alys s’était assise dans un coin en compagnie de Shirosaki. Gumi observait l’horizon, pointant ses yeux dans la direction de la capitale, où Yuma était retenu prisonnier.
     
    - Tiens bon. Je reviendrai te sauver, murmura-t-elle, avant de retourner dans son silence.
     
    La Reine prit également place à bord du bateau, qui ne tarderait pas à voguer vers le sud. Un nouveau chapitre mystérieux allait désormais s’ouvrir dans l’histoire du pays de Kuni. Pour la première fois de son histoire, l’île comptait un souverain en exil, et devait faire face à un coup d’État.
     
    Luka vissait les yeux vers le sud, et tentait de reprendre espoir, tant bien que mal, alors que Koharu observait l’embarcation prendre ses distances, avant de reprendre la route de son village, où de sombres heures l’attendaient.
     
    ***
     
    À quelques dizaines de mètres de là, deux jumeaux aux cheveux verts caractéristiques avaient également pris la direction du sud après avoir fui la ville de Kyôu. Kyuu et Roku erraient pour l’instant sans but. Ils avaient définitivement quitté Fukase, et étaient dorénavant coincés dans ce monde inconnu. Le seul qui pouvait les ramener dans leur monde originel était leur ancien maître. De toute façon, les jumeaux n’étaient même pas certains de vouloir rentrer. Rien ne les attendait dans leur monde. Leur vie entière était quadrillée autour de leur patron.
     
    Alors qu’ils chevauchaient tranquillement sur la plage, le regard perdu, ils remarquèrent l'étrange branle-bas de combat qui s’organisait plus loin. Ils reconnaissaient également les chevelures blondes de Rin et de Len, au loin, puis observèrent la présence de Miku. Puis, ils furent quelque peu étonnés par la présence de la Reine.
     
    - Fukase a donc réussi son coup, analysa Kyuu.
    - Visiblement, on dirait que la Reine fuit le pays…
    - Qu’est-ce qu’on fait ? demanda l’aîné à son frère avisé.
    - Je ne sais pas…
     
    Roku laissa alors vagabonder son esprit quelques secondes.
     
    - Et si on les suivait ?
    - Pourquoi faire ? interrogea Kyuu. « Qu’est-ce que ça nous apporterait ? »
    - Je ne sais pas. Je me dis que ça pourrait toujours être plus intéressant que de rester ici. Ça nous permettrait de découvrir ce monde, et puis, j’ai bien envie de recroiser ces jumeaux. Je pense qu’on pourrait avoir une bonne conversation.
     
    Kyuu réfléchit.
     
    - D’accord. Je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre… Mais il nous faudrait un bateau.
    - Rendons-nous au village le plus proche. Il y a certainement moyen d’en trouver un.
     
    Les jumeaux rebroussèrent donc chemin, leur nouvel objectif en tête. Bien que celui-ci fût léger, il leur donnait une voie à suivre, et cette fois, il s’agissait d’une voie qu’ils avaient choisie. Pour la première fois de leur vie, ils avaient pris une décision pour eux seuls, sans se préoccuper des desiderata de Fukase. Une certaine excitation commençait à gagner leurs cœurs.
     
    Kyuu et Roku se retournèrent encore quelques instants, observant le bateau de la Reine Luka s’éloignant lentement vers l’horizon.
     
     
     
    FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

    4
    Présentation / Re : Hajimemashite, Watashi wa Aya desu!
    « le: 23 juillet 2017, 18:14:53 »
    Bienvenue !

    Tiens, je vais faire mon curieux, mais quelle est ta chanson préférée de Hitoshizuku ?

    Sinon, passe de bons moments ici ^^

    5
    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 22 juillet 2017, 12:13:08 »
    Merci ^^ (Ça, c'était pas calculé xD)

    Spoiler
    Oui possible... Enfin, on va dire qu'il bouge quoi...

    6
    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 22 juillet 2017, 11:21:14 »
    Et hop ! Chapitre 21 ^^

    Spoiler
    Chapitre 21 : Jumeaux


    Un solide escadron de la Garde royale se tenait derrière les murs et le fleuve qui marquaient la frontière entre le quartier populaire et le quartier noble de la capitale. La première partie de la ville était définitivement perdue par l’armée de Kuni. Leur dernier espoir résidait dans leur capacité à tenir ce dernier quartier. Qui prenait le Palais Royal, prenait le pouvoir dans le pays.
     
    Fort heureusement, la muraille intérieure ne comportait que quelques portes permettant de passer d’un quartier à l’autre. Les ponts qui menaient au quartier noble étaient également relativement étroits. Dans les us de la ville de Kyôu, il n’était pas courant de voir les habitants se mélanger. La distinction était relativement nette, de sorte qu’un simple visiteur pouvait souvent penser, lors de sa première visite, qu’il s’agissait de deux villes différentes, imbriquées l’une dans l’autre. Derrière les quelques portes se trouvait ce qu’il restait de l’armée. Gumi et Yuma avaient pris le commandement d’une des unités, alors que Miku avait rejoint Len à l’autre extrémité pour lui prêter main forte. En outre, elle désirait également laver son échec. L’armée de Fukase ne s’était positionnée que d’un seul côté de la muraille, les autres portes -  moins dangereuses - étaient dès lors gardées par de simples soldats.
     
    Bizarrement, un grand silence se fit. Le calme avant la tempête. Tout s’embrasa lorsque le chef au costume blanc leva la main et lança l’assaut. Ses soldats se dirigèrent vers les portes en métal protectrices et tentèrent de les faire tomber. Celles-ci ne devaient pas faire plus de deux mètres de large. Difficile pour une armée entière de passer. Quelques minutes plus tard, elles tombèrent, et les militaires aux armes à feu commencèrent à pénétrer au compte-gouttes dans le quartier noble.
     
    Les grands généraux de Fukase, Kyo, Yuu et Wil s’étaient regroupés à une seule porte. Une fois celle-ci détruite, ils se retrouvèrent face à face avec deux lieutenants de la Garde royale. L’une des deux portait un uniforme orange et de courts cheveux verts, et arborait un visage de colère, tandis que l’autre était complètement habillé de noir, et gardait son regard inexpressif. Devant Gumi et Yuma, les trois généraux se mirent à rire de façon prétentieuse :
     
    - À trois contre deux, vous n’avez aucune chance ! déclara Kyo. « Rendez-vous ! Cela vaut mieux… Qui sait, nous pourrions faire preuve de magnanimité ».
     
    Alors que les autres soldats envahirent le quartier progressivement et se dirigeaient vers les deux lieutenants, Yuu et Wil leur firent un signe. Ces deux-là leur étaient réservés. Eux devaient s’atteler à prendre le reste de la ville et attaquer les autres soldats.
     
    Les trois généraux continuaient de fanfaronner. Gumi et Yuma restèrent impassibles, quoiqu’outrés par autant d’autosuffisance.
     
    - Vous croyez nous battre facilement ?! Comme c’est mignon…
     
    Les deux amants se tinrent la main quelques instants, et s’échangèrent un regard.
     
    - Tu es prêt Yuma ?
    - Plus que jamais !
     
    Soudain, les épéistes se lancèrent vers leurs ennemis. Kyo se mit à tirer dans tous les sens, sans la moindre logique. En quelques secondes, les plus grands combattants de la Garde royale avaient réussi à les déstabiliser. Afin d’éviter les balles ennemies, Gumi et Yuma demeuraient sans cesse en mouvement. Forts de leur rapidité, il était quasiment impossible pour leurs adversaires de prendre le temps de les viser. Wil tenta de décocher plusieurs balles de son pistolet, tandis que Yuu restait immobile, son sniper s’avérant bien inutile dans ce type de situations.
     
    Les deux sabreurs s’approchèrent rapidement des ennemis. Leurs katanas étaient déjà dégainés. Ils lancèrent directement l’estocade et les trois généraux tombèrent rapidement sur le sol argileux.
     
    Gumi et Yuma ne prirent pas le temps de savourer leur facile victoire. Ils se rapprochèrent de la porte d’entrée et essayèrent de juguler l’arrivée massive des autres soldats de Fukase. Cette mission était bien plus difficile. Le flux de combattants était ininterrompu, et ce malgré l’espace exigu. Si les subalternes de la commandante Miku parvenaient à en blesser mortellement un certain nombre, plus nombreux furent ceux qui passèrent tout simplement devant eux pour attaquer les places fortes du quartier noble et se diriger vers le Palais Royal. Autour d’eux, on pouvait donc observer de nombreux combats incessants, entre l’armée du pays de Kuni et cette guérilla. Si Gumi et Yuma parvenaient à s’en sortir, les autres soldats de la Garde ne possédaient pas un tel niveau. De plus, les deux lieutenants ne pouvaient pas à eux seuls contenir tout cette armée.
     
    - Qu’est-ce qu’on fait Yuma, hurla Gumi, alors engluée dans un combat.
    - On ne peut plus rien faire de valable ici… Replions-nous au Palais ! Il faut à tout prix les empêcher de s’en emparer !
     
    D’un large geste, Yuma ordonna à toute l’unité de battre en retraite. Pour l’instant, il fallait éviter les pertes inutiles.
     
    ***
     
    Quelques encablures plus loin, Len était placé à son poste de garde. La commandante avait rallié cet endroit après sa lourde désillusion au quartier populaire, et observa le jeune garçon qui, visiblement, restait paralysé par la pression. Pour lui, il s’agissait du premier grand conflit. Miku ne voulut pas lui avouer que, elle aussi, vivait une guerre d’une telle intensité pour la première fois. Cependant, la patronne s’aperçut que le blondinet avait besoin de quelques mots:
     
    - Ça va, Len ? Cette réplique semblait inutile, mais c’était la seule chose qui lui était venue à l’esprit.
    - Oui, oui… se contenta de répondre Len.
     
    Miku laissa un moment de silence perdurer, puis poursuivit:
     
    - Écoute, ne prends pas de risques inutiles. Tu n’es pas un soldat d’expérience. N’attaque que les plus faibles et contente-toi de parer les coups. Je te couvrirai.
     
    Le jeune garçon considéra la guerrière aux cheveux turquoise d’un air rassuré.
     
    Les soldats de Fukase commençaient également à attaquer les portes de la cité de ce côté. Il ne leur fallut que quelques minutes pour défaire les défenses de cette partie de la muraille, et entrer dans cette partie du quartier.
     
    Directement, Miku lança ses nombreuses attaques. Comme prévu, les guerriers ennemis arrivaient relativement lentement, dérangés par l’étroitesse du passage. Elle put donc en éliminer quelques-uns. Toutefois, le flux de soldats demeurait sans fin, de telle sorte qu’une grande partie continuait son chemin vers le château de la Reine, sans se soucier de Miku. Les autres guerriers de la Garde royale, situés un peu plus loin, tentèrent également de lutter contre une telle puissance, mais de loin, on pouvait observer les troupes de Fukase avancer à vue d’œil vers le centre de la ville.
     
    Alors que Miku continuait d’agiter son katana dans tous les sens, avec une certaine majesté, Len éprouvait bien davantage de difficultés pour garder le dessus. Plusieurs fois, la commandante vint le sortir de situations désespérées. Les ennemis étaient trop nombreux pour lui.
     
    Quelques minutes plus tard, l’adolescent aperçut deux visages familiers juste derrière les remparts intérieurs. Il reconnut immédiatement cette chevelure verte caractéristique. Soudainement, l’esprit de Len ne fut plus préoccupé par les combats en cours et il se dirigea directement vers les frères Genshine. Enfin, il pouvait prendre sa revanche contre l’homme qui avait osé blesser sa sœur. Il quitta donc les combats et lança subrepticement une première attaque vers Roku. Ce premier assaut fut immédiatement contré par la lame d’un sabre. C’était celui de l’aîné, Kyuu.
     
    - Comme on se retrouve ! lança-t-il.
    - Depuis le temps que j’attends ça, rétorqua Len. « Je vais vous faire payer ce que vous avez fait à ma sœur ! »
    - Ha, j’espère que tu t’es entraîné depuis la dernière fois !
     
    Len répondit par une deuxième attaque, dirigée vers Kyuu cette fois. Le combat se poursuivit entre les deux jeunes hommes. Le niveau du frère Kagamine avait sensiblement augmenté, la lutte était davantage serrée que lors de leur première rencontre. Kyuu l’avait remarqué et s’était même permis de flatter son ennemi.
     
    - Je préfère ça ! Au moins un peu de résistance !
    - Tais-toi et bats-toi !
     
    Les bruits de sabre résonnaient sans cesse. Plus loin, Miku tentait de faire revenir Len à son poste. Il n’avait aucun intérêt à s’embourber sans un tel combat. Seul comptait la défense de la ville. Mais, le jeune soldat faisait fi de toutes les remarques.
     
    Pendant ce temps, Roku demeurait inerte. Il ne désirait plus se battre. « A quoi tout cela rime-t-il ? » pensait-t-il. De même, les attaques de Kyuu n’étaient pas destinées à blesser son ennemi volontairement, mais plutôt à assurer sa protection, sans plus. Durant un instant, Len observa une faille dans la garde de Kyuu, passa outre son adversaire et en profita pour balancer son sabre vers les jambes du cadet. Il réussit à lui toucher la cuisse gauche. Roku s’écroula sur le sol, et se tint rapidement la jambe meurtrie.
     
    - Ça, c’est pour ce que tu as fait à Rin… vociféra Len.
     
    Roku restait à terre. Il ne sut pas quoi rétorquer à cette interjection. D’un côté, il comprenait la volonté de son ennemi, celle de venger et de protéger sa seule famille. Finalement, les deux fratries n’étaient peut-être pas si différentes, pensait le jeune Genshine.
     
    Kyuu entra soudainement dans une colère noire. Comme d’habitude, une fois que quelqu’un avait osé toucher à son frère adoré, il ne pouvait plus se contrôler. Si, auparavant, l’aîné se concentrait simplement à esquiver les assauts de son adversaire, désormais, il voulait lui faire payer. Complètement incontrôlable, il se mit à hurler et s’avança vers Len, qui para difficilement son assaut.
     
    - Fini de jouer maintenant ! On ne touche pas à Roku, c’est bien compris ?!
     
    La lutte qui s’ensuivit fut des plus épiques. Len n’avait jamais éprouvé autant de difficultés à résister à des assauts ennemis. Kyuu s’élevait au même niveau que Gumi. L’aîné des Genshine commençait peu à peu à prendre le dessus. Le frère Kagamine, malgré son entraînement intensif, ne pouvait que se défendre, au mieux. Son adversaire faisait preuve d’une rapidité et d’une force extraordinaire, comme s’il était contrôlé par une force supérieure. Finalement, quelques secondes plus tard, Kyuu parvint à effectuer un croche-pied à Len, qui s’effondra violemment sur le sol sablonneux. Il suffoquait et transpirait abondamment. Puis, son ennemi s’approcha lentement de lui. La terreur pouvait se lire dans le regard du jeune homme blond. Alors que Kyuu tentait une dernière attaque fatale, son sabre fut bloqué par une autre lame. Surpris, il leva la tête et aperçut Rin, qui avait contredit les ordres de Miku et avait rejoint son frère, fort heureusement.
     
    - On ne touche pas à mon frère ! commenta-t-elle.
     
    Kyuu effectua quelques pas vers l’arrière, et rejoignit Roku, qui se tenait toujours la tête entre les mains.
     
    - Rin, et ta jambe ? demanda Len.
    - Ça fait un peu mal, mais je ne pouvais pas te laisser seul… Et je vois que j’ai bien fait de venir…
     
    Leurs adversaires ne bougeaient plus, encore sous le choc de leur récent combat. Des souvenirs pas si lointains se mettaient désormais à revenir dans l’esprit de Kyuu. La parade de Rin pour sauver son frère était très semblable à celle qu’il avait effectuée pour sauver Roku lors de l’attaque du Palais Royal avec Leora. Depuis quelques temps, les Genshine avaient émis l’hypothèse d’appartenir au mauvais camp, et que les Kagamine n’étaient peut-être pas si différents d’eux. Rin se tenait devant Len, toujours couché sur le sol et qui peinait à se relever. Intrinsèquement, elle espérait que les Genshine ne désirent pas s’engager dans un combat plus long. Elle était en effet parvenue à faire illusion pendant un instant, mais sa condition physique n’était pas encore suffisamment optimale pour un combat à grande échelle.
     
    Heureusement, quelques instants plus tard, Kyuu passa son bras par-dessus l’épaule de son frère, et les deux jumeaux se retournèrent.
     
    - Viens, Roku… J’en ai vraiment assez… On s’en va…
    - D’accord, rétorqua-t-il simplement.
     
    Les Genshine reprirent alors le chemin vers la sortie de la ville, au milieu des combats incessants. Désormais, ils ne se préoccupaient plus du tout de cette guerre. Pour la première fois depuis des années, ils se retrouvaient complètement seuls, et ne possédaient plus d’objectif. Mais d’ailleurs, en avaient-ils toujours possédé ? Le seul but de leur vie jusqu’à présent était d’assouvir les desseins de Fukase. Pour le résultat actuel, dans lequel ils ne se reconnaissaient pas. Ils quittèrent donc le champ de bataille, impuissants et perdus, mais dorénavant complètement libres.
     
    ***
     

    Pendant ce temps, Fukase ne s’occupait aucunement des soucis moraux et intérieurs des jumeaux aux cheveux verts. Alors que le combat entre les Genshine et les Kagamine faisait rage, la conquête de la ville continuait à un rythme incommensurable. Les troupes continuaient d’avancer, annihilant çà et là les quelques faibles résistances qui la Garde royale pouvait bien leur proposer. Toutefois, l’écart de force et le fossé qui existait entre l’arsenal utilisé était bien trop fort. Gumi et Yuma avaient déjà ordonné la retraite à leur commando posté à l’entrée du quartier noble. Miku en avait fait de même, son unité s’était déjà réfugiée vers le Palais Royal.
     
    L’armée de Fukase prit donc une bonne partie du quartier assez rapidement. Après quelques dizaines de minutes, plusieurs douzaines de ses hommes se retrouvèrent sur le forum principal du quartier noble. D’habitude, cette place représentait à elle seule toute la richesse et la culture de la ville de Kyôu, et symbolisait sa puissance. En temps normal, cet endroit grouillait de personnes, les marchands ambulants faisaient leur beurre grâce aux touristes nombreux qui appréciait la majesté des différents édifices alentours. De cet endroit, on pouvait observer l’immense bibliothèque de Kyôu dans le coin droit. Un autre bâtiment, l’hôtel de ville, était situé plus au centre de la place. Il était paré de quelques dorures et construit en pierre jaune, qui se reflétait au soleil. Au contraire des autres routes de la ville, qui étaient pour la plupart parsemées de sable, le sol de cette place était recouvert de pierre bleue. Néanmoins, alors que ce lieu était réputé pour son animation, à ce moment-là, on ne pouvait observer pas une âme qui vive dans les environs. Les soldats ennemis étaient tous regroupés en plein centre de la place, et inspectaient les rues adjacentes avec la plus grande inquiétude. En effet, leur méconnaissance du terrain pourrait causer leur perte. Toutes les rues du quartier noble menaient vers ce forum. Les guerriers de la Garde pouvaient dès lors surgir de partout. Si ce n’est que le faible bruit du vent qui soufflait, on ne pouvait entendre le moindre bruit. Passée l'excitation des combats et leur apparente supériorité, une légère crainte était de mise.
     
    Soudain, plusieurs ombres se mirent à se mouvoir dans le haut des bâtiments. Les soldats de Fukase furent attaqués de toutes parts. La Garde royale avait lancé cette opération dans un dernier élan d’espoir, pour protéger leur pays. Plusieurs dizaines d’hommes avaient dégainé leur sabre, et frappaient à tout va. Fukase observait la scène légèrement reculé. Il aperçut alors les deux commandants de ces unités kamikazes.  Tous deux furent situés de part et d’autres du forum. L’une était reconnaissable par son sceptre caractéristique et ses longs cheveux blonds. C’était Lily, la cheffe de village d’Enkan. Elle hurlait à tout va ses instructions. De l’autre côté, plus calme, se tenait Takahashi. De temps à autre, les deux membres du Conseil des Sages se lancèrent de brefs sourires. Leur opération avait permis de mettre la pagaille dans les rangs ennemis. Ils savaient pertinemment que cet avantage ne serait que de courte durée. Il fallait donc être le plus efficace possible.
     
    Dans son coin, Fukase grommelait. Ses trois commandants, Yuu, Kyo et Wil avaient été mis hors d’état de nuire, et les jumeaux Genshine avaient disparu. Seule lui restait Leora, mais celle-ci était partie dans son coin, et n’avait laissé aucune trace.
     
    En observant les deux chefs de village, il sortit son splendide sabre de son fourreau, et descendit rapidement de son cheval.
     
    - Il faut tout faire soi-même ici, décidément !
     
    Lily avait remarqué le trentenaire qui s’apprêtait à lancer les hostilités. Elle lança un signe discret à Takahashi, qui acquiesça. Les deux jeunes Sages convergèrent donc vers la position de Fukase.
     
    - Halte ! Vous êtes fait ! Takahashi avait retrouvé sa vigueur.
     
    Le jeune garçon brandissait son sabre de très bonne facture, alors que Lily tenait son sceptre de façon menaçante.
     
    - Écartez-vous, fit Fukase. « Je n’ai pas de temps à perdre avec des sous-fifres comme vous ! »
     
    Lily gardait son calme.
     
    - Au nom du pays de Kuni, vous êtes en état d’arrestation. C’est terminé !
     
    L’homme au costume immaculé prit une pause, puis éclata soudainement de rire.
     
    - Parce que vous croyez faire le poids ! Vous vous battez au nom d’une justice inexistante, vous savez ! Vous donnerez votre vie pour votre Reine, c’est ça ?
    - C’est là le destin de tous les Sages, confirma Lily.
    - Vous me faites rire, vous n’avez aucune idée de qui elle est réellement ! Vous lui obéissez juste, comme de charmants toutous… La vérité éclatera bientôt, grâce à moi !
    - Il faudrait d’abord que vous passiez ! s’écria Takahashi.
    - Pff… Aucun problème ! Je ne devrai même pas utiliser tous mes pouvoirs pour cela !
     
    Pour la première fois, Fukase s’engageait dans un combat au katana. Il ressentait une vive excitation. De l’autre côté, Lily et Takahashi se mirent en garde, légèrement méfiants. Leur adversaire avait décidé de les attaquer à l’arme blanche, malgré sa technologie évoluée. Il semblait vouloir s’amuser, mais il fallait rester méfiant. Peut-être pouvait-il sortir un dernier atout dangereux de sa manche ?
     
    Le combat s’engagea. Takahashi bénéficiait d’une expérience limitée dans ce domaine, en raison de sa récente nomination au poste de chef de village. De ce fait, ses mouvements s’avéraient relativement simples. Il se contentait de défendre sa collègue et lui-même contre les assauts répétés de Fukase. Lily bénéficiait, elle, d’une meilleure allonge grâce à son long sceptre. Elle tenta par plusieurs fois d’atteindre la partie inférieure du corps de l’ennemi afin de lui faire perdre l’équilibre. Sans succès. L’homme aux cheveux rouges se révélait d’un nouveau bien supérieur à eux. Chacun de ses mouvements était calculé au millimètre. Il donnait même l’impression de juste s’échauffer, alors que les deux membres du Conseil des Sages avaient déjà mis toutes leurs forces dans la bataille. De temps en temps, Fukase émettait de petits rires sadiques. Ce qui provoquait une certaine ire chez Takahashi, qui maudissait alors son piètre niveau, et repartait de plus belle. Malheureusement, c’est justement ce que l’ennemi cherchait. Le chef était parvenu à semer la zizanie chez ses adversaires.
     
    - Maintenant, fini de jouer ! lança-t-il après quelques minutes de combat.
     
    Lily et Takahashi reculèrent, légèrement pétrifiés par la peur. L’homme qu’ils avaient pris pour un simple chef d’armée, incapable au combat et se cachant derrière ses soldats s’était révélé être un combattant d’exception, à leur grand dam.
     
    Au même moment, comme si le destin l’avait décidé ainsi, l’armée de Fukase recommençait à prendre le dessus sur la Garde royale, dans le champ de bataille que constituait le jadis magnifique forum animé de la ville de Kyôu. Le massacre recommençait. Les soldats tombaient les uns après les autres, impuissants face à une technologie si avancée.
     
    Fukase se remit en garde. Ses deux adversaires en firent de même. Le trentenaire se lança donc vers eux, et attaqua Lily en premier. Arrivé à sa hauteur, il se baissa au niveau de ses jambes, et attaqua. Son sabre la blessa au niveau du mollet. Les jambes de la jeune cheffe ne tinrent plus, et elle s’effondra soudainement sur le sol. Immédiatement, l’homme se releva et se tourna vers Takahashi. Celui-ci brandit son katana devant lui par désespoir. Il était complètement dépourvu. L’adversaire frappa alors directement dans la lame de l’arme. Takahashi se retrouva en déséquilibre, et le commandant au costume blanc en profita pour lui asséner un coup violent dans la nuque, qui le rendit inconscient sur le coup.
     
    Fukase avança alors vers son armée qui venait de prendre la victoire sur le camp ennemi. Le quartier noble était désormais en sa possession. Plus aucune résistance ne pourrait l’empêcher de mettre son plan en œuvre. Il se dirigea donc vers le Palais Royal, fier, traînant derrière lui son armée victorieuse. Sur le chemin, il croisa Leora.
     
    - Ma chère, je croyais vous avoir perdue ? Qu’avez-vous fait ? demanda-t-il.
    - Quelques petites choses à régler… Et puis, je me suis battue avec d’autres escadrons de l’armée !
    - Très bien, résuma le chef calmement.
    - Mais je ne voulais rater cela pour rien au monde
    - Oui, l’heure est enfin venue… murmura-t-il, le Palais en vue.
     
    ***
     
    Au Palais Royal, la Reine Luka se tenait, terrifiée, dans le fond de la salle du trône, en compagnie d’Alys et de Meiko, sa servante. L’adepte du Koryu inspectait régulièrement la porte d’entrée de la pièce, guettant l’arrivée d’ennemis.
     
    Quelques instants plus tard, elle fut surprise par l’arrivée d’un quintet bien connu. Miku, Gumi, Yuma, Rin et Len pénétrèrent dans l’enceinte du château, paniqués, et demandèrent à entrer dans la salle du trône.
     
    Alys s’exécuta, alors que la souveraine commençait à légèrement gémir, submergée par la pression.
     
    A peine entrés, Miku lança:
     
    - L’heure est grave. Nous avons perdu la ville. Je ne vois qu’une seule solution. La fuite… Elle se frappa de honte de prononcer ces mots.
     
    Gumi et Yuma gardaient la porte d’entrée, alors que les jumeaux Kagamine se dirigeaient vers la Reine.
     
    - Hâtez-vous, ma Reine. Nous n’avons plus de temps à perdre, dit Rin.
    - Mais, je ne veux pas abandonner mon Royaume, et ses habitants, rétorqua-t-elle.
    - Nous n’avons plus le choix. C’est cela ou la mort certaine. Retirons-nous dans l’espoir de reprendre notre ville par après, se résigna Miku.
    - … D’accord…
     
    Meiko s’empara d’une légère valise qu’elle avait préparée en cas de coup dur, et tous se dirigèrent vers la sortie, quand un immense ramdam se fit entendre à l’entrée du Palais.
     
    - Luka, montre-toi !
     
    Fukase venait d’entrer dans le Palais.
     
    ***

    Rendez-vous bientôt pour le final de la première partie !

    7
    Présentation / Re : Rbelly's Présentation !
    « le: 17 juillet 2017, 20:15:00 »
    Bienvenue !

    Il est chouette, le cosplay d'Alys ;-)

    Aah, Oxygène est trop cool comme chanson^^

    8
    News / Re : AZUKI & MATCHA: les updates de "Project 575" pour V4!
    « le: 12 juillet 2017, 20:07:31 »
    J'aime encore assez la voix de MATCHA, pas trop celle d'AZUKI, je la trouve encore assez nasale^^

    Les designs ne sont pas très originaux, mais ils ne sont pas moches pour autant, là aussi, je préfère celui de MATCHA x)

    9
    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 11 juillet 2017, 19:10:19 »
    En tout cas, ça fait vraiment plaisir d'entendre ça (et de t'avoir rencontré à Japan Expo aussi, soit dit en passant^^) Merci !

    Et voici le chapitre 20 (que je devais sortir hier normalement, mais je n'ai pas eu le temps xD)

    Spoiler
    Chapitre 20 : Espoir

    Alys, Rin, Len, Gumi et Yuma avaient rejoint Miku, ainsi qu’une partie de l’armée juste devant l’entrée de la caserne de la Garde royale. Partout dans la ville de Kyôu, on pouvait entendre les sirènes qui donnaient l’alerte aux habitants. La panique régnait. Les résidents du quartier noble se pressaient devant le Palais Royal, en espérant trouver davantage de sécurité à l’intérieur de la forteresse. Le chaos était de mise dans toute la ville. Des hordes de soldats déambulaient dans les rues en se dirigeant vers les remparts ouest, d’où venait l’attaque, au milieu des citoyens en panique.
     
    Quelques minutes plus tôt, la commandante avait observé la dispersion de son armée. Malheureusement, elle n’avait pas eu le temps nécessaire pour établir une véritable stratégie de défense des citoyens. Ainsi, elle ne sût que faire pour contrôler la panique ambiante; elle avait, en effet, concentré tous ses efforts au maintien des murs de la ville. En aucun cas la guérilla ennemie ne devait pénétrer l’enceinte de Kyôu.
     
    Cependant, la patronne devait bien avouer qu’elle ne s’attendait pas à une attaque aussi immédiate. Elle se retourna ensuite vers Alys, et lui posa une question, son regard cherchant un peu de réconfort, et espérant une bonne nouvelle:
     
    - Où en es-tu avec la technique du Koryu ?
     
    Alys baissa la tête.
     
    - Malheureusement, je n’ai pas eu suffisamment de temps pour la perfectionner. Je fais des progrès, mais c’est extrêmement difficile, tentait-elle de se justifier.
    - Tu peux protéger combien de personnes environ, demanda Miku dans un élan de logique. Elle essayait de rester impassible, faisant fi de ce qui se déroulait à quelques dizaines de mètres d’elle.
    - Je peux étendre le bouclier de protection sur une dizaine de mètres… Donc, je dirai quinze à vingt personnes.
     
    Miku réfléchit. Ce nombre était bien trop insuffisant que pour pratiquer l’idée initiale de son plan. Alys n’était pas en mesure de se poster devant les remparts, et de former son bouclier, annihilant par conséquent les attaques ennemies.
     
    - Tu te rendras près de la Reine, dans ce cas… conclut la commandante. « Protège-là à tout prix. Elle est le seul espoir qu’il nous reste. Si l’autre taré la capture, c’est terminé. »
     
    La jeune femme du village d’Uchi réagit à l’expression « à tout prix ». Dès à présent, elle ressentait tout le poids de la guerre sur ses épaules, ce qui lui apportait un regain de pression. Mais, elle avait accepté les ordres de Miku, et il s’agissait désormais de son fardeau.
     
    La commandante se tourna ensuite vers les autres membres de son état-major. Elle ordonna donc à Gumi, Yuma et Len de se poster en gardes devant les entrées du quartier noble, et de sonner l’alerte en cas de comportement suspect. Elle fixa ensuite le jeune garçon blond.
     
    - Ça ira, Len ? Tu es prêt ?
     
    Le blondinet ne sut pas quelle réponse apporter.
     
    - Il a fait pas mal de progrès. Et puis, il a déjà assisté à quelques combats. Il se débrouillera, interrompit Gumi.
    - Je vois… fit Miku.
    - Tu n’as pas été trop dure avec lui, pendant mon absence, hein Gumi ? demanda Yuma.
    - Certainement plus dure que toi. Mais, ce n’est pas bien difficile et ce n’est pas plus mal. Ça lui apprend la vie. Maintenant, il est prêt. De toute façon, nous n’avons pas trop le choix. Nous ne l’avons pas entraîné aux manœuvres de groupe. Il ne pourra s’en sortir qu’en combat individuel, pour l’instant. Il vaut mieux le mettre à ce poste de garde.
     
    Len, de son côté, pratiquait de longues et bruyantes respirations, trahissant son état d’esprit. Yuma s’approcha de lui et lui donna une légère claque sur l’épaule, puis lui fit un clin d’œil. Sans prononcer un mot, il parvint à instaurer un peu de confiance dans l’esprit de Len.
     
    Miku eût ensuite un regard vers Rin, qui s’aidait toujours d’une canne pour marcher.
     
    - Rin, tu ne peux pas combattre dans ces conditions malheureusement… Reste au Palais Royal avec la Reine et Alys.
     
    La sœur acquiesça gentiment. Elle n’avait pas d’autre choix. Puis, la patronne se rapprocha de son oreille droite et lui murmura:
     
    - J’espère que ton idée va fonctionner… Nous avons déjà tout mis en place aux remparts ouest. J’ai hâte de voir ce que ça donne !
     
    Rin sourit brièvement, puis prit le chemin du château de la Reine en compagnie d’Alys.
     
    - Dispersez-vous, hurla Miku. « Et bonne chance ».
     
    La guerrière aux cheveux turquoise prit ensuite la route vers la partie occidentale de la capitale. Arrivée aux murs, elle observa au loin l’armée de Fukase, et se tenait debout sur les remparts, la main droite posée sur son sabre dans son fourreau.
     
    - Qu’ils viennent ! On les attend !
     
    ***
     
    Jusqu’à présent, la plaine qui entourait la cité de Kyôu demeurait assez calme. Le Soleil venait de se lever, la rosée perlait encore sur les petites brindilles d’herbe, alors qu’un léger vent soufflait. Au loin, on pouvait entendre l’effroi dont souffraient les citadins derrière les murs. Fukase se tenait au-dessus de son armée, légèrement en retrait, sur une légère colline, et assis sur fidèle cheval blanc. Il souriait. Ce moment qu’il attendait depuis extrêmement longtemps était enfin venu. La bataille allait enfin débuter.
     
    Pour l’instant, ses soldats ne bougeaient pas d’un pouce. Il leur avait ordonné de patienter et d’attendre une réaction de l’adversaire avant de lancer l’assaut. Quelques minutes plus tard, les deux armées se firent face. La Garde royale restait cependant à l’abri derrière ses murs. Elle n’avait aucun intérêt à commencer les combats. L’armée de Fukase était disposée de la manière suivante: les soldats équipés de fusils d’assaut formaient la première ligne, suivis de près par les soldats armés de pistolets. Les snipers étaient postés un peu plus vers l’arrière. Le but initial du chef était d’utiliser les tireurs d’élite pour liquider les soldats ennemis placés sur les remparts de la ville. Ainsi, le reste de sa troupe pouvait infiltrer relativement facilement Kyôu, et prendre le pouvoir. Cependant, il avait omis un léger détail. La géologie de la région ne se prêtait pas à une telle stratégie. En effet, hormis la petite colline sur laquelle il s’était installé en compagnie de Leora, Kyuu et Roku, la géographie du lieu se révélait assez plate. De ce fait, les snipers ne disposaient d’aucun point d’attaque satisfaisant, et devraient dès lors tenter d’attaquer l’ennemi en étant postés à l’arrière-garde. Ce qui ne s’avérait pas très pratique.
     
    Alors que l’armée de Fukase patientait, la Garde royale se mit en formation. Comme prévu par l’homme aux cheveux rouges, la commandante Miku avait placé un certain nombre d’archers sur les remparts ouest de la ville. Toutefois, quelques minutes plus tard, l’ennemi vit apparaître une pléthore de catapultes. Miku ordonna le lancement du premier projectile, qui, en plus de sonner le départ de l’attaque, surprit grandement l’ennemi.
     
    - Qu’est-ce que c’est que ça ? s’écria Fukase, du haut de son cheval. Son visage devint soudain écarlate.
     
    Leora eût également une mine surprise, tandis que les frères Genshine restaient impassibles. « En tout cas, ils nous ont bien caché cela. Je n’ai jamais vu ces armes quand j’espionnais le Palais Royal » se justifia la mercenaire.
     
    - Ils n’ont pas pu construire cela en quelques jours ! s’écria Fukase. « Décidément, vous n’avez pas réfléchi », ajouta-t-il en direction de Leora et des jumeaux.
     
    Il tentait de faire passer la faute sur ses subalternes, ce qui énervait passablement Kyuu. « Il aurait également pu y penser… » jugea-t-il. Il ne réagissait cependant aucunement, tout comme Roku, et gardait sa colère pour lui. Les jumeaux ne faisaient désormais plus qu’acte de présence. Les derniers soucis connus avec leur tuteur continuaient à peser dans leurs pensées. Ils le suivaient, sans trop savoir pourquoi, peut-être espéraient-ils pouvoir encore mettre un terme à cette situation.
     
    Sur un ton de colère, le leader de la guérilla ordonna aux snipers de liquider le plus de soldats possibles. Dans un deuxième temps, il exhorta la première ligne de pratiquer un assaut vers les murs de la capitale. Ses soldats se lancèrent dans un vacarme assourdissant. Si les snipers parvinrent à tuer quelques ennemis, la première ligne n’eut pas la même réussite. En effet, malgré l’aspect rudimentaire des catapultes (surtout en comparaison avec les armes de Fukase), ces machines se montraient les plus efficaces dans l’instant présent.
     
    De son côté, Miku voyageait près du parapet, et observait le résultat des balistes. Elle sourit en voyant que les soldats ennemis faisaient marche arrière. Jusqu’à présent, l’espoir était de mise. La Garde royale faisait mieux que simplement résister face à un ennemi si puissant.
     
    - Il faudra que je pense à remercier Rin. C’était une bonne idée, ces catapultes ! lâcha-t-elle.
     
    Dans sa hâte, elle ordonna ensuite aux archers de se mettre en position d’attaque. Il ne fallait pas perdre cet avantage, et infliger le plus de dommages possible pendant qu’ils en avaient encore l’occasion.
     
    La patronne leva le bras et donna le signal. En quelques secondes, plusieurs centaines de flèches traversèrent la plaine de part en part. Certaines vinrent se loger dans le crâne de plusieurs soldats de Fukase, qui s’écroulèrent alors sur le sol vert, en lâchant leur dernier soupir.
     
    Le trentenaire descendit alors de son cheval en rage. Il n’eut cure de la vie de ses soldats, il considérait cette attaque comme une défaite personnelle, et cela touchait particulièrement son ego. Il se rendit près de ses troupes.
     
    - Attaquez, bandes d’incapables! Qu’est-ce que vous attendez ? vociféra-t-il.
     
    Un simple soldat prit la parole, au nom de tous ses collègues:
     
    - Mais Monsieur, si nous attaquons dans ces conditions, nous courrons droit à la catastrophe!
     
    Fukase se retourna brusquement sur son interlocuteur, et sortit de sa poche un six-coups en argent, qu’il braqua immédiatement sur lui. Il n’attendait aucune réponse, et appuya immédiatement sur la gâchette.
     
    - Je ne veux plus jamais entendre de tels propos ! C’est bien compris ?! hurla-t-il à l’adresse des autres soldats.
     
    Kyuu et Roku assistèrent au triste spectacle. Le cadet baissait la tête, ses yeux brillaient à cause de ses légères larmes, alors que l’aîné observait les remparts de la cité, comme s’il cherchait une issue.
     
    L’homme au costume blanc retourna ensuite à sa place, encore sous le choc. Alors qu’il s’apprêtait à lancer un nouvel assaut, il fut interrompu par Leora.
     
    - Attendez patron, je crois que j’ai une idée, déclara-t-elle le sourire aux lèvres en désignant le sac à dos qu’elle portait. « Si vous me laissez quelques minutes, je peux vous sortir de cette situation embarrassante. »
     
    Fukase retrouva soudainement le sourire. Il ignorait le contenu du sac, mais avait toute confiance en la Koryuiste.
     
    - Allez-y, ma chère. J’ai hâte de voir ce que vous avez prévu, rétorqua le chef d’un calme olympien, comme s’il ne s’était rien passé quelques secondes auparavant.
     
    Leora descendit donc de son cheval, et se concentra. Elle retira le sac de son dos et l’ouvrit. Elle ferma ensuite les yeux. Un léger voile blanc se forma tout le long de son corps. Puis, elle se dirigea à une vitesse folle vers les remparts. Les catapultes de la Garde royale continuaient à lancer leurs pierres, mais Leora les esquiva facilement grâce au Koryu. Fukase et son armée assistèrent à la scène, impressionnés. La guerrière parcourut tout le champ de bataille en quelques dizaines de secondes. Les archers présents sur les remparts la visaient mais Leora zigzaguait sans cesse à travers la plaine, de sorte qu’il fut impossible aux soldats du pays de Kuni de se concentrer pour l’atteindre. Elle parvint finalement à accéder aux catapultes. Fukase ne voyait plus très bien ce qu’il se passait, mais, quelques instants plus tard, une violente explosion retentit, détruisant la première baliste, située le plus à gauche. Ensuite, Leora détruisit une à une les différentes catapultes, en y plaçant à chaque fois quelques bâtons de dynamite, après avoir calmement liquidé les soldats qui s’activaient au fonctionnement des engins. La panique régnait dans leur camp. La plupart n’eurent même pas le temps de dégainer leur sabre que la guerrière rouge les avait déjà attaqués. Les archers placés plus haut continuaient de décocher leurs flèches. Sans succès.
     
    Miku pestait. Elle descendit quatre à quatre les escaliers qui menaient au bas des remparts dans le but de se confronter à Leora. Toutefois, elle avait été surprise par cette stratégie. Si bien, que, quand elle se retrouva tout en bas, la mercenaire avait déjà fait son effet et avait disparu. La patronne poussa un énorme cri, maudissant cette armée ennemie, et surtout cette adepte du Koryu. Elle râlait également sur elle-même : peut-être qu’Alys aurait pu se révéler d’une grande aide dans la défense, bien qu’elle ne s’élevait pas au même niveau que Leora, à cause de son manque d’entraînement. Toutefois, elle avait préféré l’assigner à la défense de la Reine. C’était au final une erreur.
     
    Leora rejoignit rapidement son camp, et vit Fukase reprendre soudainement le sourire aux lèvres. S’il n’était pas peu tactile, il l’aurait déjà serré dans ses bras.
     
    - Bon travail, ma chère ! lança-t-il. « Ah, que je ne regrette pas de vous avoir engagée ! »
     
    La mercenaire apprécia la remarque de son patron, mais avait encore l’esprit occupé par la bataille en cours.
     
    Le chef se tourna ensuite vers Kyuu et Roku, qui restèrent immobiles, impressionnés. Même s’ils ne l’appréciaient pas, ils devaient bien avouer qu’elle s’était montrée efficace.
     
    - Vous avez vu ça, mes petits ! dit Fukase. « Ce sont des choses comme ça que je vous demande ! »
     
    Roku n’écoutait qu’à moitié les remarques de son tuteur. Depuis quelques temps, son esprit était embrumé. Il ne savait pas comment agir. S’il éprouvait toujours de l’attachement pour Fukase, il désirait également s’éloigner de lui, il ne voulait pas participer à de tels actes. En outre, la mégalomanie et la cruauté découverte de son maître commençait à peser énormément sur sa conscience et sur celle de Kyuu. Mais les jumeaux restaient prisonniers de leurs souvenirs et de leur inclination envers Fukase. Cette dichotomie avait des répercussions sur leurs actes récents. Preuve en est leur récente tentative de fuite. Sur un coup de tête, l’aîné avait décidé de quitter Fukase, même si cela ne pouvait être que temporaire. Il avait jugé que son frère et lui avait besoin de s’éloigner de lui quelques temps, ne fut-ce que pour se protéger. Même si les jumeaux désiraient plus que tout aider leur maître, ils souffraient de sa mauvaise influence. Mais désormais, c’en était trop. Il fallait agir. Ainsi, Kyuu prit la parole, pour faire ressortir ce que, son frère et lui, avaient à l’esprit depuis quelques temps.
     
    - Si c’est de la cruauté pure que vous cherchez. On ne pourra rien pour vous ! On veut bien vous aider, mais à quoi cela rime-t-il ?
    - C’est la guerre, mon cher Kyuu ! C’est comme ça. Je ferai payer à Luka et je suis près du but !
     
    Ces dernières phrases prononcées, il urgea ses trois généraux de lancer l’assaut. Toutes les troupes de Fukase s’élancèrent donc vers la plaine et se dirigèrent vers la muraille. Après quelques secondes, les snipers disposaient d’un bon point d’attaque et commencèrent à liquider les archers. Quelques flèches blessèrent les soldats aux armes à feu, mais le nombre de pertes était relativement faible, surtout en comparaison du nombre de tués dans l’autre camp. L’espoir dont avait bénéficié la Garde royale avait été de courte durée. Leur stratégie de défense était pour l’instant vouée à l’échec. Miku, postée au bas de la muraille, priait pour que les solides murs de la cité tiennent le coup face à une telle puissance.
     
    Quelques minutes plus tard, plusieurs dizaines de soldats se pressèrent devant la porte d’entrée de la ville. Celle-ci était construite en fer. Si elle pouvait facilement résister aux assauts des armées conventionnelles, elle n’était cependant pas conçue pour supporter ces armes d’un genre nouveau. Miku et Rin le savaient, c’était même pour cette raison que cette dernière avait élaboré la stratégie des catapultes. Ainsi, les soldats armés de fusils d’assaut ne traînèrent pas à détruire les gonds et à faire tomber la porte de la capitale, sous les yeux désabusés des Gardes royaux. Que faire maintenant ? Devaient-ils lutter jusqu’à la mort ?
     
    Fukase venait d’entrer dans la capitale.
     
    ***
    L’ouest du quartier populaire fut le premier attaqué. Les soldats ennemis envahirent les rues à une vitesse prodigieuse. Ils se dispersaient à travers les étroites ruelles aussi vite qu’une araignée tissait sa toile. Le massacre avait véritablement commencé. Les habitants innocents essayaient de s’enfermer chez eux, dans l’espoir que les ennemis passent devant leur maison sans y prêter attention. Mais les soldats de Fukase tiraient à tout bout de champ. Ils n’avaient cure de savoir si leurs cibles étaient des militaires ou des civils. L’objectif était de montrer qu’ils prenaient la ville. Les éclats de sang et les cris de détresse fusaient un peu partout. Çà et là, on pouvait voir des enfants pleurer à même le sol devant les corps inanimés des membres de leur famille.
     
    Les soldats de l’armée de Kuni tentaient de résister. Certains parvenaient à toucher les ennemis grâce à leur sabre, mais il s’agissait souvent de leur dernière action. La plupart du temps, un autre soldat armé les exécutait sur place.
     
    Miku observa cette scène atroce, toujours placée près des remparts. La commandante était complètement perdue. Elle ignorait les instructions à donner à ses subalternes. La patronne se dissimula derrière un mur quelques secondes et reprit ses esprits. Elle ne devait pas succomber à la pression. Après mûre réflexion, elle se dirigea furtivement vers l’entrée du quartier noble, où l’attendaient Gumi, Yuma et Len. Les habitants du quartier populaire tentaient également de rejoindre cette partie de la ville, plus sûre. Le dernier espoir du pays tenait dans le maintien de ce territoire. Si la Garde Royale parvenait à juguler l’avancée de Fukase à cet endroit, celui-ci ne  pourrait pas atteindre son objectif. Et puis, il fallait protéger la Reine. En outre, une partie de l’armée de Kuni était encore stationnée à cet endroit, en cas de coup dur.
     
    Derrière, à l’entrée de la ville, le patron aux cheveux rouges observait sa toute-puissance. A ses côtés se trouvaient Leora et les jumeaux Genshine. La mercenaire fit un léger signe à son chef. Elle voulait participer plus activement à la prise de la capitale. Dans un sourire, Fukase lui permit d’avancer seule. Elle se dirigea alors vers les entrailles de la ville.
     
    Kyuu et Roku, au contraire, restèrent cois. Ils observaient les expressions malsaines de leur tuteur, et s’échangèrent plusieurs regards.
     
    - Monsieur ? murmura timidement le cadet.
     
    Au début, Fukase ne l’avait même pas entendu, trop absorbé par le spectacle qui lui était fourni. Ce n’est qu’après plusieurs tentatives que Roku parvint enfin à attirer son attention.
     
    - Qu’y-a-t-il, Roku ?
    - Vous êtes certains que tout cela est nécéssaire ?
    - Voyons, Roku. C’est ce que j’ai attendu toutes ses années ! Je prends enfin ma revanche. Tous ces sacrifices ne sont pas vains finalement !
    - Mais… continua Roku. « Votre but, c’est la Reine… Pourquoi un tel massacre ? Nous avons clairement le dessus. Pourquoi ne pas se rendre directement au Palais Royal ?
    - Que veux-tu dire ? interrogea l’homme à la canne en forme de clown.
     
    Le plus jeune des frères fit vagabonder son regard dans le vide pendant quelques instants. Puis, il eût un coup d'œil vers son jumeau. Il était temps de faire preuve de courage devant son maître.
     
    - Monsieur. Je ne cautionne pas ces actes. Nous vous avons suivi pendant toutes ses années, parce que nous croyons en vous. Mais, ces derniers temps… Je ne vois pas en quoi tous ces massacres sont nécessaires ! hésita-t-il.
    - C’est ma vengeance contre ce monde ! vociféra Fukase.
     
    Il observa ensuite Kyuu, qui n’avait pas encore pipé mot, se contentant de regarder son frère, étonné.
     
    - C’est également ton opinion, Kyuu ?
    - … Oui, je suis d’accord avec mon frère. Nous n’avons jamais voulu ça.
     
    Fukase marqua un instant de pause: « Vous me décevez… Énormément ! souffla-t-il. Puis, il reprit sa route vers le centre de la ville, seul, chevauchant toujours son cheval blanc.
     
    A cet instant, quelque chose s’était définitivement brisé dans la relation entre Fukase et les jumeaux. Le patron avait préféré prendre la fuite, encore trop englué dans sa mégalomanie. Kyuu et Roku étaient complètement perdus. Dans leur esprit revenaient les souvenirs de ce qu’ils avaient vécu durant leur enfance. Désormais, ils se retrouvaient de nouveau seuls. Que faire maintenant ? L’esprit embrouillé, ils reprirent leur chemin vers l’avant.
     
    - Qu’est-ce qu’on fait, Kyuu ? demanda Roku.
    - Avançons…
    - Tu ne veux plus t’enfuir ?
    - Ben… hésita Kyuu. « Nous sommes en plein milieu d’une guerre que nous avons en partie provoquée… C’est un peu tard. J’avais décidé de m’enfuir d’Hayashi en pensant qu’il serait mieux de s’éloigner quelques temps de Fukase… Mais je ne sais plus ce qu’on doit faire… Je le perçois comme quelqu’un de très dangereux, et je veux fuir… Mais d’un autre côté, nous ne pouvons pas l’abandonner comme ça… Qui sait, il n’est peut-être pas encore irrécupérable…
    - Tu penses qu’on peut encore l’arrêter ?
    - Je ne sais pas. J’hésite beaucoup ces derniers temps… Il est complètement aveuglé par sa vengeance. Et ce n’est jamais très bon…
    - C’est certain ! confirma le cadet.
    - Allons jusqu’au Palais Royal. On verra après…
    - D’accord, conclut Roku sans grande conviction.
     
    ***
     
    Pendant ce temps, l’armée de Fukase continuait d’avancer dans la ville. Les pillages et destructions continuaient. La capitale était mise à feu et à sang. L’objectif de l’armée de l’homme aux cheveux rouges était de conquérir tout d’abord l’ensemble du quartier populaire, afin d’assiéger littéralement tout le reste de la ville, avant de s’attaquer à la partie du Palais Royal. En effet, quelques jours plus tôt, alors qu’il venait de prendre le village d’Hayashi, Fukase avait réuni toute son équipe afin d’élaborer sa stratégie d’attaque. Leora, qui connaissait parfaitement la ville de Kyôu, avait alors mentionné un point qui pouvait constituer une faiblesse pour eux.
     
    La capitale était divisée en deux parties, chacune entourées de murailles. Les remparts extérieurs donnaient directement sur le quartier populaire, alors qu’une autre série de murs séparait encore celui-ci du quartier du Palais Royal. Les entrées vers celui-ci étaient relativement peu nombreuses, et assez étroites. Par conséquent, il leur était pratiquement impossible d’attaquer en nombre, l’armée se retrouverait littéralement bloquée à l’entrée du quartier. Pire encore, ces accès constituait une bonne opportunité pour la Garde royale de leur lancer une embuscade. Et nul doute que la commandante Miku ou un autre membre de son état-major n’hésiterait pas à exploiter cette faille. Pourtant, personne n’avait trouvé de solution satisfaisante à ce problème. La seule stratégie potentiellement passable était de rassembler les meilleurs soldats à l’entrée du quartier noble pour qu’ils se mesurent à la crème de la Garde royale. Pendant ces combats, le reste des troupes aurait certainement l’occasion de passer dans l’autre partie de la ville et de poursuivre l’invasion.
     
    Désormais, tout la partie ouest et la partie sud du quartier populaire étaient contrôlées par Fukase. Les soldats de la Garde royale continuaient à reculer. Parfois, certains soldats tentaient de se mesurer à l’ennemi lourdement armé, sous les yeux emplis de détresse des citoyens, mais ceux-ci ne firent souvent pas illusion plus que quelques secondes. La technologie de Fukase était bien trop forte.
     
    Alors que la guérilla avançait vers le quartier est, Leora aperçut un lieu qui la plongea dans des souvenirs pas si lointains. Au loin se trouvait une grande maison décorée de façon cossue. Celle-ci était située dans une ruelle sombre, et constituait le seul élément de richesse dans cette partie de la capitale. La mercenaire reconnut rapidement cet endroit. Il s’agissait des bureaux de son ancien employeur: Kaito. La jeune femme ne résista pas longtemps à l’idée de s’y rendre. Elle désirait plus que tout que son ancien patron se rende compte de sa soudaine montée en puissance. D’ici quelques temps, elle se retrouverait en haut de l’échelle sociale, dans les plus hautes sphères du pouvoir. Même si elle n’en était pas encore à ce point, elle se montrait extrêmement vaniteuse.
     
    Juste sous la fenêtre de la maison, elle aperçut Kaito, Namine Ritsu et Yuzuki Yukari, accroupis, immobilisés par la peur. Leora approcha le sourire aux lèvres, alors que les combats se poursuivirent de plus belle derrière elle.
     
    Le mafioso admira son ancienne recrue:
     
    - Leora, quel bonheur de te voir ici ! S’il te plait, tu peux nous sortir d’ici ? supplia Kaito, alors que Yukari et Ritsu secouèrent la tête.
    - Kaito, vous ne m’avez toujours pas payée… je me trompe ? lança la mercenaire.
     
    L’homme aux cheveux bleus resta interloqué:
     
    - Je… Je te paierai immédiatement, une fois que je serai sorti d’ici ! confirma-t-il.
    - Je suis au regret de vous apprendre que j’ai trouvé un nouvel employeur, et que je mets fin à notre contrat.
    - Un autre employeur ? Qui ça ?
    - Regardez autour de vous… On peut dire que j’ai participé à ce dont vous êtes en train d'assister, sourit-elle.
    - Tu participes à la ruine du pays ?
    - N’oubliez pas, ce n’est pas mon pays. Seuls m’intéressent l’argent et le pouvoir. Et Monsieur Fukase est en mesure de m’offrir tout cela. Ce qui n’est pas votre cas.
     
    Kaito demeurait silencieux. Il en venait à s’en inquiéter pour sa propre vie.
     
    - Que comptes-tu faire ?
    - Je ne vais pas vous tuer, ne vous inquiétez pas… Quelque chose me dit que vous pourriez encore être utile. Mettez-vous à l’abri. Une fois que nous aurons pris le pouvoir, nous reprendrons contact avec vous.
    - … Mais…
    - Je pense que vous n’êtes pas en position de refuser, Kaito.
    - … C’est d’accord, je ferai ce que vous voudrez !
    - A la bonne heure. J’apprécie que vous sachiez vous montrer raisonnable !
     
    Leora se retourna ensuite vers une triplette de soldats qui étaient prêts à attaquer le repaire de Kaito. D’un signe de la tête, elle leur signifia de protéger cette habitation. Elle ne devait en aucun cas être détruite. Les soldats se positionnèrent donc le long de la maison, sous le regard inexpressif de Kaito. Le criminel était pris entre le soulagement et la peur. Il avait bénéficié d’un sursis, mais qu’allait-on lui demander ? Il se retrouvait dans une situation inédite, lui qui avait l’habitude d’avoir le pouvoir sur tout dans le quartier populaire de Kyôu.
     
    Une petite heure plus tard, le quartier populaire était complètement contrôlé par Fukase. Tous ses soldats se pressèrent devant la muraille qui menait au quartier noble, alors qu’il se tenait en arrière, droit sur son cheval blanc. Il observa l’ensemble de ses troupes. Au loin, il pouvait apercevoir son but final: le Palais Royal, dans lequel Luka était toujours terrée. Plus il s’approchait de son objectif, plus sa motivation augmentait.
     
    Fukase donna son signal, et ses soldats commencèrent à attaquer les portes des murailles du quartier noble. Derrière patientait les derniers soldats de la Garde royale. Gumi et Yuma se trouvaient derrière une de ses portes, alors que Miku avait rejoint Len vers la seconde. L’adrénaline montait encore.
     
    La lutte s’annonçait âpre et l’issue ne s’annonçait pas radieuse pour l’instant, mais tous tentaient de garder espoir.
     
    ***


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    Je viens aussi ! Ça sera aussi l'occasion de récupérer mon cadeau x) Et de (re)voir des gens. J'ai un peu hâte^^

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    Concours / Re : Giveaway nanoblock X Vocaloid.fr
    « le: 26 juin 2017, 20:49:38 »
    Ah oui ! Merci Hakuro !  ;) ;) ;) <3

    12
    Concours / Re : Giveaway nanoblock X Vocaloid.fr
    « le: 26 juin 2017, 16:18:12 »
    Super ! Pour une fois que je gagne. Je suis trop content :-D

    Bravo aux autres gagnants aussi !
    Encore merci pour le concours !

    Pour vous contacter, on le fait par MP ?

    13
    Ecriture / Re : Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 25 juin 2017, 20:22:02 »
    Ah ! Enfin la suite ! Je suis pas mécontent d'avoir lu tous les chapitres en trois jours pour ne pas louper la parution du dernier :3.

    Spoiler
    Je le savais qu'il y aurait un truc entre Alys et Shirosaki, ça se voyait à des kilomètres !
    En tout cas c'est la grosse hype pour la bataille finale. Ça promet !  :D

    Merci ! (Ouaah, tu as lu tous les chapitres en trois jours, je suis impressionné  :D. En tout cas, ça fait plaisir !  ;D)

    Spoiler
    J'avoue que j'ai hésité pour cette partie, je ne sais pas si c'est bien amené...

    Oui, les prochains chapitres, c'est la grande bataille. Je vais commencer à les écrire prochainement.
    On arrive presque à la fin de la première partie (sur 3 prévues...) donc ça peut encore faire de la lecture xD

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    Ecriture / Re : Jyôka se met à écrire !
    « le: 23 juin 2017, 19:29:55 »
    Coucou !

    Et voilà le chapitre 19 !

    Spoiler

    Chapitre 19 : Love Is War

    Alys se tenait droite, au milieu d’une pièce sombre, éclairée par deux bougies déjà bien entamées. La salle d’entraînement qu’on lui avait attribuée était équipée d’une table et de deux simples chaises en bois. Le reste, d’une superficie de quelques mètres carrés restait désespérément vide. Sur la table basse était posé le livre de Monsieur Vo, ouvert environ à la moitié. On pouvait y voir de nombreuses notes manuscrites et quelques croquis. Les yeux clos, ses bras bringuebalaient le long de son corps. Elle tentait de reproduire les mouvements inscrits sur les schémas tracés par son père. Avant chaque prise fantôme, la villageoise prenait une longue respiration. Elle essayait de concentrer son énergie mais aucun résultat concluant ne ressortait pour l’instant de ses sessions d’entraînement. Elle finit donc par s’asseoir, la tête baissée, sur la minuscule chaise poussiéreuse, et se mit une nouvelle fois à feuilleter l’ouvrage.

    Plusieurs fois, elle se remémorait l’épisode de la bataille d’Uchi, et la mort de ses proches. Puis, elle se rappelait qu’une grande partie du destin du pays reposait sur sa réussite. Souvent, elle essayait de rejeter cette idée, de peur qu’elle ne lui provoque un trop plein de pression, et se remettait au travail. Mais, après plusieurs heures de travail acharné sans la moindre issue, le moral était au plus bas.

    C’est alors qu’une personne frappa lentement et délicatement à la porte. Alys sursauta. D’habitude, personne ne la dérangeait pendant son entraînement, de peur de venir troubler sa concentration. Cela la désolait d’ailleurs. Elle aurait bien aimé avoir une quelconque compagnie pendant les moments difficiles. Elle accusait encore le coup de la perte de sa famille. Rin et Len était bien présents le soir, mais eux aussi étaient préoccupés par leur entraînement avec Gumi. Ce qui résumait par conséquent leurs soirées à un sommeil relativement précoce.

    La jeune femme à la tresse s’approcha prudemment de la porte d’entrée et l’ouvrit lentement. Elle aperçut ensuite dans la pénombre un jeune homme à lunettes familier, et poussa un soupir de soulagement.

    - Désolé de vous déranger, chuchota le jeune homme.

    Il bafouilla. Le bibliothécaire s’en voulait déjà de déranger l’apprentie guerrière durant ses mouvements et se cachait le visage par honte.

    - Ce n’est rien... sourit Alys. « Entrez donc, Shirosaki. »

    Le visage du garçon se marqua d’un sourire satisfait. « Elle se rappelle de mon nom ! » pensa-t-il, et il s’en réjouit. La Koryuiste remarqua l’expression de Yuudai, et lui fit la remarque :

    - Pourquoi un tel sourire ?

    - Euh… Pour rien, je suis juste heureux de vous revoir…

    Il fouilla directement dans son sac, évitant par la même occasion le regard d’Alys, et en sortit un épais grimoire.

    - Je suis venu vous apporter ceci. C’est un des rares livres sur le Koryu. Il était conservé dans la bibliothèque. Je me rappelais l’avoir lu, et je me suis dit que cela pourrait vous être utile.

    La jeune femme fut très honorée par la sollicitude de Shirosaki. Celui-ci était d’ailleurs arrivé au meilleur moment, elle qui se sentait désespérément seule pour le moment. Ils s’installèrent donc à la simple tablée. Quelques gouttes de sueur perlaient le long du front d’Alys. Elle les essuya rapidement, puis lança un regard de désolation envers son invité.

    - Ce n’est pas facile… commença-t-elle timidement. La villageoise n’était pas du genre à se plaindre, encore moins devant un homme qu’elle venait à peine de rencontrer, mais elle devait maintenant vider son sac.

    - Je comprends, rétorqua Yuudai. « En tout cas, vous faites preuve d’un sacré courage pour vous embarquer dans cette mission. Cela force l’admiration ! »

    Alys ne trouva pas quelle réponse apporter à son affirmation. A vrai dire, elle ne s’était jamais considérée comme une personne exceptionnelle, bien au contraire. Même si elle était l’une des dernières représentantes d’un art oublié, la ségrégation dont elle avait été victime dans sa jeunesse avait eu des répercussions sur sa confiance en elle. Et cela se ressentait encore à l’instant présent. Par ailleurs, Shirosaki était la première personne qu’elle rencontrait à faire preuve d’un véritable fanatisme envers les Koryuistes. Cela avait contribué à le rendre sympathique. La fille à la tresse croisait enfin quelqu’un qui ne la voyait ni comme un monstre, un être inférieur ou dangereux, ou encore une arme, Rin et Len mis à part.

    Les deux jeunes adultes étaient installés de part et d’autre de la vieille table en bois. Alys s’était mise à consulter le grimoire fourni par le bibliothécaire, qui lui donnait par le même temps quelques compléments d’informations glanées au fil de ses lectures sur le Koryu. Puis, au fur et à mesure, la conversation gagna en profondeur. Tout d’abord, Alys en apprit davantage sur la vie et la personnalité de son nouvel ami, et également sur sa fascination pour le Koryu. Cela remontait à l’époque de la Grande Guerre Magique. Alors que son village était attaqué par la Guilde des Mages, et son père fait prisonnier, un pratiquant du Koryu l’avait sauvé des griffes de quelques magiciens qui voulaient attenter à sa vie. Pour le jeune garçon de cinq ans qu’il était, cela constituait une véritable révélation.

    - Et votre père ? demanda Alys, quelque peu gênée.

    - Malheureusement, il est mort durant la guerre, pendant une bataille. Ma mère ne s’en est jamais remise, et s’est éteinte à petit feu…

    La jeune femme présenta directement ses excuses. Sous ses airs de garçon timide, Shirosaki cachait également un lourd passé. Comme la plupart des jeunes de Sekai dans la vingtaine, victimes collatérales du conflit. En effet, on ne comptait plus les familles qui avaient perdu un membre dans l’une des nombreuses batailles.

    Shirosaki était d’assez frêle constitution. De ce fait, il abandonna rapidement l’idée de suivre les traces de son père et de rejoindre l’armée. Il était davantage passionné par l’art et les lettres. Alys découvrait devant elle une personne avec qui elle partageait étonnement énormément de points communs. Ainsi, ils passèrent plusieurs heures à discuter de choses et d’autres. La majorité de leurs sujets de discussion tournait autour de la musique et la littérature; deux domaines que les deux jeunes gens appréciaient particulièrement. Pendant plusieurs heures, Alys oublia la pression qui pesait sur ses épaules, mis de côté son rôle d’arme de la Garde royale, et retrouva tout simplement son statut d’être humain, avec ses passions, ses centres d’intérêt. Elle se retrouvait en face d’un homme particulièrement cultivé, et qui pourtant ne faisait pas étalage de ses connaissances. Yuudai restait en effet très modeste dans ses paroles.

    Les heures passaient extrêmement rapidement. Absorbés par leur conversation, les deux nouveaux amis n’avaient même pas remarqué que le Soleil était déjà couché. Ce n’est que lorsque que les deux bougies de la pièce s’éteignirent qu’ils se rendirent compte du temps qu’ils avaient passé ensemble. Cette rencontre avait eu l’effet d’une bouffée d’air frais pour Alys, tandis que Yuudai paraissait très heureux d’avoir pu passer autant de temps en compagnie de la jeune femme.

    Ils retournèrent ensuite dans le couloir silencieux de la caserne de la Garde royale. Face à face, ils se serrèrent tendrement et promirent de se retrouver rapidement.

    Alys retourna dans sa chambre, en compagnie de Rin et Len, l’esprit encore dans les étoiles.

     

    ***

     

    Dans la forêt qui bordait le village d’Hayashi, Yuma progressait lentement entre les fourrés. Il avançait en rampant, prenant soin de ne pas se faire repérer. Par chance, le village était entouré par de nombreux arbres d’assez grande taille, ainsi que de buissons. En outre, les hommes de Fukase n’avaient pas eu comme consignes d’agir de manière furtive. Ainsi, le lieutenant de la Garde royale pouvait les entendre approcher d’assez loin pour emprunter un autre itinéraire et donc, parvenir lentement à son objectif.

    L’officier s’était mis dans l’idée de pratiquer une mission d’espionnage. Bien sûr, elle s’avérait particulièrement risquée, surtout qu’il se retrouvait seul. Mais, il espérait que Fukase et ses hommes soient davantage occupés par leur prise du village que par son éventuelle présence. Il pourrait ainsi obtenir plus d’informations sur l’organisation de sa guérilla, qui pourraient se révéler déterminantes pour la guerre qui s’annonçait. Cependant, ne disposant d’aucun renfort à proximité, il devait rester prudent. Son rôle dans l’état-major de la Garde était trop important pour qu’il prenne un risque trop important de se faire capturer. Il avait donc décidé de se faufiler dans le hameau en tant que simple observateur. Il éviterait ici les démarches un peu trop entreprenantes.

    Quelques dizaines de minutes plus tard, Yuma parvint au pied des remparts du village. Il était toujours couché sur le ventre (son équipement noir était d’ailleurs déjà bien marqué). Il s’accroupit derrière un large buisson et observa les environs. Le mur d’enceinte, si on pouvait l’appeler comme tel, était construit en bois, et disposait de quatre entrées situées aux points cardinaux, toutes gardées. Yuma patientait et réfléchit à une stratégie. Il ne pouvait pas attaquer l’un des postes de garde, il courrait le risque que celui-ci sonne l’alerte. Non, il devait se débrouiller pour entrer sans être vu. Sa seule solution était de forcer la muraille en bois. Pour ce faire, il partit se positionner au sud-est du village (alors qu’il se trouvait devant l’entrée est). Par chance, il remarqua que cette partie de l’enceinte était riche en végétation, et à peine surveillée. Comme les gardes de Fukase étaient postés aux quatre points cardinaux, même s’ils entendaient le bruit provoqué par Yuma quand il forcerait la muraille, ils prendraient un certain temps avant d’arriver sur les lieux. Le lieutenant dégaina donc son sabre et attaqua le mur en bois. Le bois utilisé était relativement ancien et commençait à pourrir, il put donc se permettre de ne pas trop forcer avant de s’ouvrir une brèche. Par prudence, il espaça de quelques minutes chaque coup de katana, pour éviter d’éveiller les soupçons. Après quelques instants, il parvint à se glisser à l’intérieur du village d’Hayashi. Première partie de la mission accomplie.

    Yuma ne s’y était jamais rendu. Il progressa dans les rues du village, désertes, en rasant les murs. Au détour d’une rue, il croisa une patrouille armée, mais se dissimula derrière un tonneau placé là par le marchand de saké situé à proximité. Sans peine, il arriva à se frayer un chemin vers la place, où un spectacle bien funeste l’attendait.

    Fukase se tenait debout, fier, malgré sa petite taille, devant la hutte du chef de village. A ses côtés, ses trois généraux, Kyo, Yuu et Wil restaient immobiles. En face d’eux étaient alignés ce qu’il restait de l’escadron de la Garde royale qui avait tenté de défendre Hayashi, une dizaine de soldats ensanglantés tout au plus.

    Kyo tenait en joue le premier militaire de la file, et le persuada d’avancer en direction du chef.

    Un large sourire s’inscrit sur le visage de Fukase :

    - Bon, mon petit… On peut dire que tu te trouves dans une situation pour le moins désespérée...

    Le soldat ne formula aucune réponse, mais expirait fortement. Des gouttes de sueur perlaient le long de son front.

    - Je te laisse pourtant encore une chance de t’en tirer, poursuivit l’homme aux cheveux rouges. « Je me doute que la Reine Luka prépare en ce moment même la défense de sa capitale. Allons droit au but. Je veux toutes les informations en ta possession. Ni plus, ni moins. Ses stratégies de défense, tout ça… Tu dois bien savoir quelque chose ! »

    Le silence régnait sur la plaine du forum. Le prisonnier restait cependant peu impressionné par son interlocuteur, et le fixa dans le blanc des yeux. Puis, il prononça calmement ces mots :

    - Plutôt mourir...

    Le sourire de Fukase ne s’était toujours pas effacé de son visage.

    - Ça peut se régler !

    D’un geste de la main, le chef ordonna à Wil de s’approcher du soldat. Le lieutenant approcha alors son pistolet de la tempe du prisonnier, et appuya sur la détente. Un immense flot de sang s’échappa du côté droit du crâne du soldat, qui s’écroula directement sur le sol poussiéreux, teinté maintenant de couleurs écarlates.

    Wil retourna rapidement à sa place. Puis, Fukase s’écria :

    - Quelqu’un d’autre est candidat au courage par ici ?

    Yuma était resté caché derrière le mur d’une petite habitation située en bordure de la place, et observait l’exécution sommaire de loin. Au moment de la détonation, son ventre se mit à gargouiller. Il ressentait de la colère, de l’impuissance et du dégoût. Il déglutit difficilement. Pourtant, il se devait de rester à sa place. Pour l’instant, il se trouvait dans l’incapacité d’agir. Seul, il ne pouvait rien, d’autant plus qu’il s’agissait de la première fois qu’il voyait ce type d’armes être utilisé. Divers sentiments traversèrent son esprit, de la rage à la tristesse, en passant par la peur. Comment lutter contre un ennemi si puissant ?

    A la suite passèrent les autres soldats. La même question leur était posée. Tous, par soucis de loyauté envers leur pays, refusèrent, et furent de la même façon sauvagement exécutés. Fukase et ses trois lieutenants avancèrent donc au travers des corps inertes et se posèrent fièrement devant le dernier soldat vivant. C’était un jeune homme de moyenne taille aux cheveux bruns foncés, coiffés en queue de cheval.

    - Tu ne comptes pas faire la même bêtise que tes camarades, j’espère ? lui lança Fukase.

    Les larmes coulaient le long des joues du jeune soldat.

    - Non, Monsieur… Je viens de fonder une famille… Ma femme et mon fils m’attendent à la maison. Je veux les revoir… murmura-t-il lentement. Son discours était pétri d’hésitations.

    L’interrogatoire fut soudainement interrompu par le retour de Leora, qui accompagnait les jumeaux Genshine. Kyuu et Roku baissèrent la tête. Le cadet observa cette macabre scène, et fut pris de nausées.

    - Où étiez-vous passés ? Vous n’avez pas tenté de vous enfuir tout de même ? demanda Fukase.

    - Nous étions parti faire une ronde dans le village… rétorqua Kyuu. Leora affichait une mine assez dérangeante, et eut un petit rictus malicieux à l’égard des jumeaux.

    - Et qui vous a demandé de faire une ronde ? C’est le rôle des soldats, ça ! pesta le chef. « Je commence à en avoir assez de votre insubordination. On en reparlera quand j’en aurai terminé ici… Prenez place à mes côtés. »

    Leora s’installa rapidement à la droite de Fukase. Kyuu prit place, en compagnie de son frère à côté de la mercenaire.

    - Euh… Sommes-nous obligés d’assister à tout cela ? interrogea timidement Roku.

    Le plus jeune frère éprouvait les pires difficultés à voir se faire massacrer des innocents. Même si leur tuteur les avait engagés comme gardes du corps personnels, et leur donnait de temps à autres quelques missions d’assassinat. Roku exécrait la violence. Il tenait le coup en évitant de tuer le plus possible les cibles. Et, dans le cas d’une mission létale, il se disait que cette personne ne devait pas être innocente. Mais là, c’en était trop pour lui.

    - Mon cher Roku, tu es bien trop jeune et trop fragile. Aujourd’hui est une leçon, lui répondait Fukase. « Tu dois apprendre que rien dans la vie n’est juste. Et que la loi du plus fort prime ! Je t’ordonne de rester ici, les yeux grands ouverts. »

    Le trentenaire se tourna ensuite vers le jeune soldat de la garde.

    - Bon, reprenons, où en étions-nous ? Oui, c’est ça, en échange d’informations, je te garantis que je te laisse rejoindre ta famille. Qu’en penses-tu ?

    Le prisonnier éclata en sanglots. Il ne voulait pas passer pour un traître, mais se remémorait le souvenir de la naissance de son enfant. Juste à ce moment, il tomba, le ventre contre le sol, et s’évanouit.

    - Ils ne servent donc à rien, ces soldats ! Wil, liquide-le, il est inutile aussi !

    Le lieutenant s’exécuta et braqua son arme à une quarantaine de centimètres au-dessus de la tête du soldat évanoui.

    A ce moment, le sang de Yuma ne fit qu’un tour, mais il ne pouvait pas bouger d’un pouce. Dans son empressement, il se montra imprudent et marcha sur quelques branches d’arbres qui étaient déposées là. Le bruit attira l’attention de Fukase et ses hommes.

    - Qu’est-ce qu’il se passe par là ? Un intrus !

    Yuma était découvert. Wil s’empressa d’actionner la gâchette de son revolver. Alors que la détonation de l’arme à feu résonnait, Yuma prit directement la fuite, tandis que Fukase pesta violemment.

    - Leora, poursuis-le, s’écria-t-il.

    - A vos ordres ! Vous, venez avec moi ! lança-t-elle en direction de Kyuu et Roku.

    Le lieutenant aux cheveux roses était connu pour sa rapidité. Si bien qu’avec les quelques mètres d’avance qu’il possédait, il était quasiment impossible pour quiconque de le rattraper. Les jumeaux Genshine s’avéraient être de bons coureurs, jeunes et rapides, mais leur état d’esprit n’était pas au beau fixe. Ils ne se montrèrent pas très efficaces. D’ailleurs, avaient-ils encore envie de poursuivre cet homme ? Depuis un bon moment, ils ressentaient l’idée d’appartenir au mauvais camp. Pourquoi encore s’échiner à assouvir les désirs de Fukase, vu son comportement actuel ? Toutes ces idées traversèrent l’esprit des deux frères, alors que Yuma prit rapidement la direction de la sortie d’Hayashi, avant de s’enfoncer dans la forêt. Leora avait bien tenté quelques techniques du Koryu pour le freiner. Sans succès.

    Les trois subalternes retournèrent donc vers le forum du village, où Fukase les attendait, le visage rouge écarlate de colère.

    - Désolé, patron. Il était bien trop rapide. Nous n’avons rien pu faire… s’attristait Leora.

    - Mais qui était cet homme ?

    - Je l’ai déjà vu, lors de notre dernière opération à Kyôu. Il s’agit d’un lieutenant de la Garde royale, l’un des assistants de la commandante. Un membre important de l’état-major…

    Fukase dégaina un petit couteau, placé dans un fourreau situé à se cuisse droite. Il s’écria entre ses dents :

    - Il ne paie rien pour attendre, celui-là.

     

    ***
     

    A la caserne de la Garde royale, les jumeaux Kagamine traversaient les couloirs sombres en compagnie de Gumi. En l’absence de Yuma, la guerrière avait été chargée de l’entraînement de Len. Celui-ci en avait d’ailleurs accusé le coup. Sa nouvelle préceptrice se montrait encore plus sévère avec lui, il était d’ailleurs revenu de sa dernière passe d’armes avec elle trempé par la transpiration. De son côté, Rin, qui s’aidait toujours d’une canne pour marcher, apprenait les rudiments de la stratégie militaire avec son ancien professeur. Gumi était moins un peu douée que Miku dans ce domaine, mais la commandante de la Garde était bien trop occupée à organiser les défenses de la capitale en prévision de l’attaque de Fukase que pour éduquer une recrue. Pourtant, elle avait décelé chez Rin une certaine intelligence stratégique qu’elle se devait d’utiliser. Couplée à ses connaissances sur les armes de l’ennemi, la jeune adolescente pourrait être d’une aide cruciale pendant les batailles.

    Les jumeaux avaient d’ailleurs discuté de leur situation et de leur implication dans le conflit la veille. Ils étaient arrivés à la conclusion que, malgré leur inexpérience, participer au combat était la meilleure manière pour eux de trouver un chemin vers leur monde. Ils étaient désormais certains que Fukase et les Genshine étaient originaires de chez eux. Par conséquent, ils devaient disposer d’un moyen pour voyager entre les univers. C’était là leur objectif, au grand dam d’Alys d’ailleurs, qui devait se mettre à l’évidence. Ses deux nouveaux amis finiraient bien par la quitter.

    Les jumeaux blonds et la guerrière à la tenue orange pénétrèrent donc dans la cour centrale de la caserne. Le Soleil venait de se coucher, tous les soldats étaient déjà rentrés dans leurs dortoirs respectifs, et on pouvait entendre le souffle du vent dans le patio. Tous les trois aperçurent soudain une silhouette familière gigotant dans tous les sens, pratiquant çà et là des mouvements relativement compliqués, et bondissant parfois majestueusement. La chevelure turquoise de la guerrière qui s’entraînait devant eux vagabondait au fil de ses déplacements. La lumière blanche de la Lune reflétait sur son visage. Rin et Len furent étonnés : il s’agissait de la première fois qu’ils voyaient Miku à l’œuvre, et il fallait bien avouer qu’elle se montrait impressionnante. Tout était juste. Ses mouvements étaient précis, sans fioriture, ni geste inutile. Gumi, elle, gardait un air sérieux, quoique légèrement inquiet.

    Lorsqu’elle vit ses trois subalternes s’approcher d’elle, Miku s’arrêta net. Son visage restait fermé. Elle s’avança alors vers Gumi, sentant que celle-ci avait quelque chose à confier :

    - Eh bien, ça fait longtemps que je vous ai vu vous entraîner avec une telle fougue.

    Miku restait calme, et gratifia Rin et Len d’un léger regard.

    - On ne sait jamais Gumi. L’heure est grave. On n’est jamais trop prudent !

    - Ne me dites pas que vous vous inquiétez, vous ? s’interloqua la lieutenante.

    - Je n’aime pas cette impression… Mais, je dois être honnête… Oui, je suis inquiète…

    Les Kagamine restèrent cois. La commandante, qui était d’habitude si sûre d’elle, si entreprenante, paraissait maintenant complètement perdue. Rin réfléchissait. La jeune fille fit preuve de compassion. Miku avait dû faire face à la pression ces derniers temps. La défense et la sécurité de tout le pays reposait presque entièrement sur ses épaules. Elle représentait également une confidente pour la Reine Luka, qui lui faisait part de tous ses questionnements. Son rôle de commandante et de conseillère devait commencer à lui peser, d’autant plus qu’elle ne laissait jamais rien transparaître et restait en tout temps impassible.

    Rin s’avança vers la patronne :

    - Vous savez… Je pense que c’est normal de ressentir cette impression. Mais, soyez certaine d’une chose. Vous n’êtes pas seule. Le destin du pays ne repose pas uniquement sur vous, mais sur toute l’armée. Si nous agissons tous ensemble, nous pourrons trouver une issue à ce conflit.

    La jeune femme retrouva subrepticement le sourire. Gumi éprouvait des sentiments contraires. En effet, personne n’avait jamais osé se montrer aussi proche de la commandante. Mais, d’un autre côté, c’était peut-être ce dont Miku avait besoin pour le moment.

    - Merci Rin. Cela me fait chaud au cœur.

    Les quatre guerriers furent soudainement interrompus par le bruit du galop d’un cheval qui s’immobilisa au centre de la cour. Yuma le chevauchait. Il descendit rapidement, et effectua un salut furtif en direction de Miku.

    - Yuma ! s’écria-t-elle. « Déjà de retour ? ».

    Le guerrier à l’armure noire ne perdit pas de temps. Il informa directement ses collègues de la fuite de quelques villageois, ainsi que de sa tentative d’intrusion dans Hayashi. Il aborda également le sujet fâcheux de la puissance de l’armée ennemie, ainsi que de la mégalomanie manifeste de son leader. Les mots de son discours laissaient transparaître également une certaine crainte.     

    - Ce type est un malade… Si nous ne l’arrêtons pas, nous courrons à la catastrophe…

    - Je vois… rétorqua Miku. « Notre seul espoir pour l’instant est qu’Alys parvienne à maîtriser les techniques de son père. Je suis allée la voir toute à l’heure. Elle m’expliquait avoir fait pas mal de progrès, mais avait encore besoin de temps. Cela risque d’être juste…

    - Il y a une autre chose, interrompit Yuma. « Il me semble également déceler des dissensions dans son groupe. »

    - Des dissensions ? Que veux-tu dire par là ? demanda Miku, alors que Gumi, Rin et Len restaient attentifs.

    - Surtout avec les jumeaux que nous avions déjà croisés. Je pense qu’ils ne soutiennent pas totalement les actions de leur maître. Tout cela pour dire que cet homme ne sera peut-être pas suivi tout le temps par son armée… ajouta-t-il en faisant référence à la scène dont il avait était témoin quelques heures plus tôt.

    Cette dernière remarque fit sursauter Rin et Len. Il y a quelques temps, les jumeaux avaient déjà eu une discussion à propos des frères aux cheveux verts. Rin se sentait relativement proche d’eux et ne pouvait l’expliquer. Elle semblait également émettre l’hypothèse qu’ils n’étaient pas si mauvais.

    - De toute façon, occupons-nous d’abord de notre camp. Nous n’avons que faire du leur, conclut Miku.

    Il faisait désormais nuit noire, et la tension était remontée d’un coup. Tous remontèrent tranquillement dans leurs quartiers : Miku la première, suivie par Gumi et Yuma qui s’effleurèrent rapidement la main, puis Rin et Len, plongés dans leurs pensées.

     

    ***
     


    Quelques jours plus tard, les jumeaux reprenaient une nouvelle fois le chemin de leur chambre après leur session d’entraînement. Rin poussa directement la porte d’entrée et surprit Alys, qui était accompagnée de Shirosaki Yuudai.

    Alys et Shirosaki étaient tranquillement assis sur le lit de la jeune femme à la tresse, et étaient en train de discuter.

    - Désolée de vous avoir dérangés… Je pensais que tu étais seule, Alys, s’excusa Rin.

    Le bibliothécaire restait muet, se cachant parfois le visage avec sa main.

    - Ce n’est pas grave, rétorqua Alys. Elle ne savait pas trop quoi ajouter.

    Shirosaki se leva alors, préférant laisser la place aux jumeaux, qui avaient bien besoin de se reposer.

    - Je vais retourner à la bibliothèque, dit-il. « Pardonnez-moi pour le dérangement ».  Il salua ensuite respectueusement Rin et Len. Puis, il s’approcha d’Alys, s’immobilisa quelques secondes. Leurs regards se croisèrent. Puis, il la salua calmement et prit congé.

    Rin attendit que le jeune garçon ait pris ses distances d’avec la chambre, et lança à Alys :

    - Tu es souvent avec lui, ces derniers temps… commença-t-elle dans un sourire. « Il ne se tramerait pas quelque chose ? »

    Alys restait pétrifiée, quelque peu gênée…

    - Il m’est d’une grande aide dans mon étude du Koryu. Il est très érudit, se justifia-t-elle, avant de marquer une pause. « En fait, on a pas mal de choses en commun, et il est très gentil… »

    La blondinette se retourna vers son frère, qui lui s’était couché dans sur sa paillasse, n’écoutant que peu ou prou la conversation.

    - Je pense qu’elle en pince pour lui… lui murmura-t-elle.

    - Rin ! s’écria Alys.   

    - Ben quoi ? Ce n’est pas si grave ! Tu peux l’avouer !

    - Ce n’est pas le moment de penser à ça… Je suis très occupée pour l’instant, et il m’aide beaucoup.

    Rin préféra dès lors remettre cette discussion à plus tard. Len commençait à fatiguer et était proche de trouver le sommeil.

    - D’accord, j’arrête de te taquiner… Mais on en reparlera !

    Alys resta muette.

     

    ***

     

    La nuit se déroula dans le plus grand des calmes. Toutefois, tôt le lendemain matin, tous furent réveillés par le son des cornes qui donnait l’alerte dans la cité de Kyôu. Quelques secondes plus tard, quelqu’un vint tambouriner à la porte des trois amis. Il s’agissait de Gumi et Yuma. Rin ouvrit la porte et découvrir les deux précepteurs le visage pétrifié.

    - Levez-vous, c’est urgent. On signale des mouvements de troupes ennemies dans les environs de la capitale. Descendez vite !

    Alys, Rin et Len préparèrent rapidement leurs affaires et se rendirent immédiatement au lieu de rendez-vous, devant la caserne de la Garde royale.

    A quelques centaines de mètres de là, l’armée de Fukase progressait rapidement à travers la plaine qui entourait la cité. L’homme à la canne et aux cheveux rouges était posté sur une colline environnante, d’où il profitait d’un splendide point de vue, chevauchant un majestueux étalon blanc. Il était entouré par ses trois lieutenants, ainsi que par Leora qui surveillait de très près les frères Genshine.

    - Let’s play now ! s’écria Fukase dans un rire sadique.

     

    ***




    Bonne lecture~

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    Concours / Re : Giveaway nanoblock X Vocaloid.fr
    « le: 19 juin 2017, 21:00:02 »
    On a des chances en plus, si on poste sur le forum en prime ? ;-) (ok, je sors...)

    Sinon, c'est très agréable ce genre de concours... Encore merci !

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