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    Auteur Sujet: Jyôka se met à écrire !  (Lu 4122 fois)

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    Hors ligne Jyôka Ryu

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    Re : Jyôka se met à écrire !
    « Réponse #45 le: 12 novembre 2017, 20:45:48 »
    Chapitre 25 publié !

    Pour info, j'ai migré le blog vers cette nouvelle adresse : https://jyokaryu.wordpress.com/. Tout est maintenant plus ergonomique pour une lecture plus agréable !

    Spoiler
    Chapitre 25 : World Domination How-To

    Le calme étonnant qui résonnait dans la cour de la caserne de la Garde royale accentuait l’atmosphère lourde qui régnait dans ce lieu. Une grande estrade en bois était placée au fond de la cour, près des bâtiments, et tous les soldats qui n’avaient pas succombé durant la bataille de Kyôu avaient été sommés de se rassembler. Quelques minutes plus tard, plusieurs soldats de l’armée de Fukase firent leur apparition, équipés de solides armes à feu. Ils furent accueillis par des gestes de dégoût, mêlés d’une certaine crainte de la part des gardes royaux. Derrière les soldats d’Owari arriva Leora, un énorme sourire aux lèvres, habillée de manière très chatoyante. Ses vêtements gardaient leurs dominantes blanches et rouges, mais ceux-ci étaient bien plus longs et plus luxueux. La guerrière s’installa sur l’estrade, entourée par les gardes de Fukase, et balaya du regard toute l’assemblée, en silence.
     
    - Gardes ! s’écria-t-elle. « Je me présente. Je suis Leora, et j’ai été récemment nommée nouvelle commandante de la Garde royale par notre nouveau leader, Fukase ».
     
    Cette entrée en matière, pourtant simple, fut accueillie par de nombreux cris de mécontentement. Leora ne fut cependant pas déstabilisée, et jeta un regard vers les soldats armés, qui se mirent soudainement à tirer en l’air, faisant ainsi étalage de leur puissance. Le calme revint immédiatement. La mercenaire avança de quelques pas et repris son discours.
     
    - Je préfère ça, ricana-t-elle. « Je voudrais vous faire part d’une chose. Le règne laxiste de la commandante Miku est désormais terminé. Vous, ainsi que le pays, allez entrer dans une nouvelle ère. Je vous signale que je considère mon autorité comme étant indiscutable. Celui qui n’est pas d’accord pourra toujours goûter à ceci... »
     
    Elle a lança un nouveau regard vers les soldats, qui se mirent à tirer une nouvelle salve de balles, cette fois-ci en direction de la première rangée du public.
     
    - D’ici peu de temps, notre leader Fukase s’adressera à la nation. Il mettra à la lumière du jour les différents agissements secrets de votre ancienne Reine Luka. Je vous conseille de bien l’écouter. Vous verrez, cela remettra tout ce que vous pensez en perspective.
     
    Les gardes royaux s’observèrent chacun, désabusés, mais cette fois en silence.
     
    - J’aimerai également vous signaler qu’en tant que commandante, j’ai évidemment accès à tous vos dossiers. Je suis donc susceptible de connaître tout de vous. Faites ce que vous voulez de cette information, lança Leora sur un ton de défi.
     
    Immédiatement, l’un des gardes royaux s’avança devant le public, et interpella la mercenaire. Très distinctement, il vociféra contre le discours, et appela les autres à le rejoindre. Les soldats de Fukase le mirent directement en joue, mais Leora leur fit un signe de la main, et tous relevèrent leurs armes.
     
    La guerrière descendit lentement de l’estrade et vint se poster face à face avec le jeune garde rebelle.
     
    - Vous n’êtes pas d’accord avec ma manière de procéder ? murmura-t-elle.
    - Non, je proteste vivement ! rétorqua le garde, sans se débiner.
     
    Soudainement, Leora se mit en position de combat. Le garde s’apprêtait à dégainer rapidement son katana, mais la guerrière fut bien plus prompte. Elle recula son bras droit en arrière, sa main droite se para d’une lueur rouge écarlate, et vint frapper le soldat directement en plein cœur. Celui-ci recula de plusieurs mètres, et atterrit au milieu de la foule. Trois autres gardes ramassèrent immédiatement le corps sans vie du jeune homme.
     
    - Si les armes à feu ne sont pas suffisantes pour vous convaincre, peut-être que ceci le pourra, répondit Leora.
     
    Puis, la nouvelle commandante se retira délicatement sans ajouter un seul mot, et rejoignit ses appartements. L’assemblée des gardes royaux resta prostrée en silence, dans la peur de ce nouveau règne de terreur.
     
    Leora avait renvoyé les soldats de l’armée de Fukase à leurs postes respectifs et avait pris la direction du bureau du commandant. Celui-ci était toujours soigneusement rangé, Miku ayant mis un point d’honneur à toujours le garder en ordre. Leora analysa attentivement les cartes de Kuni et de Sekai accrochées au mur. Puis son regard s’attarda sur l’ancien bureau de la dame aux couettes turquoise. Dans un accès de rage, la mercenaire envoya valser tous les éléments installés sur le meuble, et poussa un étrange rire, sadique et malfaisant.
     
    Une nouvelle ère venait réellement de débuter.
     
    ***
     
    - Amenez-moi le prisonnier !
     
    La voix de Fukase avait résonné dans toute la salle du trône. Rapidement, on pouvait entendre un branle-bas de combat provenant des soldats de son armée qui s’affairaient - dans une certaine désorganisation - à se rendre aux geôles du Palais pour aller chercher Yuma.
     
    Pendant ce temps, Fukase faisait les cent pas autour de la table de réunion. Il était désormais bien installé sur le trône et avait commencé à poser les premières pierres de sa stratégie de conquête de l’île Kuni. Il avait scellé une alliance avec Kaito lui permettant de garder le contrôle de la capitale assez facilement et Leora s’occupait de la gestion de la Garde royale. Il pouvait à présent s’atteler à combattre ses opposants. D’une part, il devait rechercher la Reine Luka (il ne pouvait pas se permettre de la laisser fomenter quelque plan afin de récupérer son trône), et d’autre part, Fukase s’inquiétait du sort des trois derniers chefs de village du Royaume : Kinzaki Koharu, Lily et Takahashi. Ceux-ci avaient clairement pris parti pour Luka lors de la bataille, et étaient parvenus à s’enfuir juste avant sa prise du palais. Ils essaieraient sans nul doute de lui nuire. Heureusement, Fukase avait un autre atout dans sa manche. Yuma pourrait lui révéler quelques informations importantes. Cependant, il s’agissait d’un lieutenant de la Garde ; il était certainement entraîné à subir les interrogatoires les plus poussés. Ainsi, l’homme aux cheveux rouges devrait se montrer assez persuasif et inventif dans sa méthode d’interrogation. Il avait donc fait amener un nouvel objet dans la salle, qu’il avait caché soigneusement derrière un drap blanc.
     
    Quelques minutes plus tard, Yuma fut amené dans la salle du trône par deux soldats. Son visage portait encore les stigmates des blessures de son combat précédent, et il paraissait assez amaigri. En effet, le combattant avait passé les derniers jours dans les geôles humides et sombres du Palais Royal sans manger, et était donc très faible. Néanmoins, Yuma savait que ce moment arriverait et il n’était pas disposé à donner à Fukase le moindre indice. Son séjour dans la prison n’avait fait qu’accentuer sa détermination.
     
    Les soldats l’installèrent sur une des chaises de la table de réunion et le ligotèrent. Fukase s’assit juste en face de lui, posa ses coudes sur la table, et l’observa pendant un long moment sans piper mot. Après quelque temps, il s’éclaircit la voix et lança :
     
    - Lieutenant Yuma, vos états de service sont parvenus à mes oreilles. Vous êtes un grand guerrier et un dur à cuire.
     
    L’homme aux cheveux roses toisa son ennemi. Où voulait-Il en venir ?
     
    - Cependant, je dois vous prévenir qu’il en est de même pour moi. Je suis prêt à tout pour arriver à mes fins. Et je sais pertinemment que vous êtes en possession d’informations cruciales. Comme par exemple : où se trouvent Luka et les chefs de village en ce moment ?
     
    Yuma se tut, et fit mine de balancer son regard ailleurs, comme s’il ne s’intéressait pas à la conversation.
     
    Fukase ne montra aucune réaction aux agissements du lieutenant, et fit signe à ses soldats d’apporter l’objet qu’il avait soigneusement préparé. Son visage se para alors d’un sourire malicieux.
     
    L’objet était toujours caché derrière son drap. Fukase se leva et tira le linge d’un coup sec, dévoilant ainsi une étrange structure en fer de la forme d’un sarcophage, équipé de plusieurs pointes sur sa face intérieure. Sa couleur dorée avait subi les dommages du temps. L’instrument était rouillé à plusieurs endroits.
     
    - Ah, je suis très heureux d’avoir pu mettre la main là-dessus ! Lieutenant Yuma, vous ne devez pas connaître. Cela s’appelle une vierge de fer. C’est inconnu ici mais assez utilisé dans d’autres contrées. Je peux vous faire une petite démonstration de son fonctionnement.
     
    Le signal donné, les soldats s’emparèrent de Yuma et l’attachèrent à l’intérieur de la structure. Yuma avait désormais compris comment ce moyen de torture fonctionnait.
     
    Fukase se mit bien droit et s’avança à hauteur du visage de Yuma.
     
    - Où se trouvent Luka et les autres ?
     
    Yuma ferma les yeux et hocha la tête en signe de refus. Fukase donna un signal puis Yuma sentit les pointes s’enfoncer à plusieurs endroits de son corps, provoquant une douleur lancinante. Il garda la bouche fermée, et émit quelques petits gémissements, mais rien de plus, il ne voulait pas accorder ce plaisir à son bourreau.
     
    - C’est pas mal, n’est-ce-pas ? se réjouit Fukase, qui en outre donnait l’impression d’apprécier les souffrances de Yuma. « Cela vous fera peut-être réfléchir... On recommence : où se trouve Luka ? »
     
    Le lieutenant prit une grande respiration. De nouveau, les pointes s’enfoncèrent dans plusieurs parties du corps, particulièrement douloureuses mais non vitales. Fukase répéta la manœuvre plusieurs fois, sans succès. Après plusieurs dizaines de minutes, le leader fit détacher Yuma de l’instrument de torture. Le samouraï tomba violemment sur le sol, et suffoqua.
     
    Puis, l’homme à la canne s’approcha de lui. Une lueur jaunâtre sortit de sa main gauche, qu’il posa sur la poitrine de Yuma. Ses blessures se résorbèrent d’elles-mêmes, bien que le lieutenant paraisse toujours exténué.
     
    - C’est quand même pratique, la magie. Ça me démangeait de ne plus l’utiliser ! dit-il.
     
    Puis, il murmura à l’oreille droite de Yuma.
     
    - Nous recommencerons cela tous les jours, jusqu’à ce que tu te décides de parler. Ne t’inquiète pas, cela arrivera. Personne ne peut tenir très longtemps.
     
    Ensuite, les soldats armés reconduisirent Yuma aux geôles du Palais, alors que Fukase se rassit sur le trône, l’air impassible.
     
    ***
     
    Le village de Kyuuri n’avait pas encore été touché par les derniers événements qui avaient frappé le pays de Kuni. Fukase n’avait pas pris le temps d’attaquer ce village. L’arrestation de Yohio, ainsi que le comportement des Genshine l’avaient forcé à revoir ces plans. Il s’en était alors remis au strict minimum, n’attaquant que les hameaux lui donnant un avantage stratégique dans sa conquête de la capitale.
     
    Par conséquent, trois chefs de village de l’Ancien régime étaient encore en fonction : Lily, Takahashi et Kinzaki Koharu. Cette dernière, cheffe de Kyuuri, s’était montrée particulièrement précieuse lors de l’attaque de Kyôu. Elle était à l’origine de la fuite de la Reine Luka et de ses compagnons, mais s’était également arrangée pour rapatrier Lily et Takahashi dans son village, en lieu sûr, après leur cuisante défaite. Elle bénéficiait d’une grande expérience qui pourrait se montrer cruciale durant ces sombres événements.
     
    Lily et Takahashi étaient toujours inconscients, allongés sur deux lits en bois de taille convenable, posés au centre d’une petite hutte au toit de paille. Il s’agissait d’une habitation typique du village de Kyuuri, qui était situé dans la forêt qui bordait la capitale. Ce hameau revêtait une architecture relativement simple, proche de celle du village d’Uchi. Les constructions étaient relativement sommaires, la hutte de la cheffe mise à part.
     
    Koharu avait d’ailleurs pris place dans son bureau et analysait la carte de Kuni, en attendant le réveil de ses deux homologues restants. Son visage était marqué par le poids de sa mission. En effet, l’avenir immédiat du pays se retrouvait entre leurs mains. Les trois leaders constituaient maintenant la plus grande force de lutte contre l’envahisseur, et ils se devaient de lutter. Néanmoins, Koharu savait pertinemment qu’il leur était impossible de remporter la guerre avec leurs armes habituelles ; il fallait donc réfléchir autrement.
     
    Quelques heures plus tard, les yeux de Lily commencèrent à s’ouvrir lentement. La jeune fille se sentait encore légèrement groggy. Un des gardes de la hutte partit directement alerter Kinzaki Koharu, qui arriva quatre à quatre au chevet de sa collègue, et l’aida à se redresser. Lily était encore désorientée, et posa plusieurs questions à la vieille dame. Celle-ci l’informa rapidement de la situation, alors que Takahashi était toujours endormi. Lily prit plusieurs instants pour se remettre du choc de la fuite de la Reine, bien que Koharu ait assuré qu’elle se trouvait en sécurité. Peu après, Lily se leva de son lit et voulut prendre la route du village d’Enkan, pour retrouver ses sujets.
     
    - Ce n’est pas le moment ! répliqua Koharu.
    - Pourquoi, nous devons nous trouver dans nos villages, pour les défendre, répondit la jeune cheffe.
     
    Koharu souligna alors l’évidence :
     
    - Nous ne pouvons pas nous opposer directement à eux. Ils sont bien trop puissants. Nous courrions droit à l’échec. Non… Nous devons être plus intelligents qu’eux.
     
    L’aînée dévoila alors la mission qu’elle avait – à peu près – confiée à la Reine. L’idée était de faire le plus possible appel aux puissances étrangères.
     
    - Et qu’est-ce qu’on fait ? On reste ici à attendre ? maugréa Lily.
    - Bien sûr que non ! Une fois que Takahashi sera réveillé, venez me rejoindre dans ma hutte. Tout est installé pour que nous ayons une petite réunion…
     
    Puis, la leader de Kyuuri quitta l’habitation, mystérieuse, en laissant Lily extatique. Celle-ci se retourna vers Takahashi et lui urgea de se réveiller. Elle se mit même à le secouer violemment avant d’être arrêtée gentiment par un garde qui lui suggéra de garder son calme. La jeune femme se rassit donc sur son lit, le regard dans le vide, essayant de deviner le plan de Koharu.
     
    Peu après, Lily entendit un son s’éclipser de la bouche de Takahashi. Le jeune homme commença à se tordre, puis se réveilla, encore sous le choc. Lily le releva – avec bien moins de délicatesse que Koharu – et l’emmena directement dans l’habitation de la vieille dame. L’inquiétude se lisait sur le visage de la cheffe d’Enkan, tandis que Takahashi n’avait encore les yeux qu’à moitié ouverts. Sur le parvis de la hutte, Koharu les fit rapidement entrer, et les invita à s’installer. Lily se montrait de plus en plus impatiente, mais Kinzaki Koharu jugea bon de résumer la situation à Takahashi. Quelques minutes plus tard, elle put faire étalage de son plan, sous l’œil attentif de ses deux invités.
     
    - Pour être claire, je pense que nous devons agir discrètement. Il nous fait améliorer la défense de nos villages respectifs. De plus, je suggère que nous soyons toujours en mouvement. L’ennemi cherchera certainement à nous mettre la main dessus. C’est difficile à dire, mais nous devons quitter nos villages momentanément…
     
    Lily se sentit outrée :
     
    - Donc, on adopte une attitude défensive ?! Ce n’est pas comme ça qu’on parviendra à reconquérir le pays !
    - Calme-toi Lily ! murmura Koharu. Takahashi restait taiseux, mais agrémenta chaque parole de l’aînée d’un geste d’acquiescement. « Je compte bien agir. D’ailleurs, je pense que tu vas adorer ma prochaine idée… », lança-t-elle sur un ton énigmatique.
    - Voyez-vous cela !
    - Il y a une personne qui pourrait nous aider. Vous ne le savez pas, mais le lieutenant Yuma a été arrêté par les troupes de Fukase. Il est urgent pour nous de le libérer et de l’aider. Non seulement, il détient des informations sur nous, mais il pourra certainement nous dévoiler certaines choses sur l’ennemi. Sans oublier qu’il est un guerrier émérite. »
    - Et comment on fait ça ? On ne sait même pas où il est, argumenta très judicieusement Takahashi.
    - Justement, Fukase le garde au Palais Royal. Il ne veut pas l’emmener pour l’instant à la prison, il veut l’interroger. C’est notre chance ! Il est plus facile d’accéder aux geôles du château qu’à la prison… Surtout quand on connaît bien les passages secrets, comme moi…
     
    En effet, elle était membre du Conseil des Sages depuis plus de quarante ans. Elle connaissait les moindres recoins du Palais. Elle avait même dû s’y réfugier durant la Grande Guerre Magique. Et la vieille dame était bien décidée de faire jouer son avantage contre Fukase, qui lui découvrait encore sa nouvelle habitation.
     
    - L’idée est d’y aller en petit groupe. Pas plus de 3 ou 4, ajouta-t-elle.
    - Je veux en être ! lança Lily.
    - Moi aussi ! compléta Takahashi.
     
    Koharu baissa ensuite la tête.
     
    - Je viens de vous dire qu’il fallait vous montrer discrets ! Ne vous jetez pas dans la gueule du loup !
     
    Mais les préoccupations de l’aînée ne changèrent en rien la détermination des deux plus jeunes Sages. Après plusieurs minutes de discussion, elle finit par accepter leur participation à l’opération. En quelque sorte, elle se revoyait quinze ans plus tôt, lorsqu’elle luttait contre la Guilde des Magiciens. A cette époque, personne n’aurait pu l’empêcher de combattre. D’un certain point de vue, elle aimait cette fougue de la jeunesse.
     
    Les trois leaders s’accordèrent donc rapidement sur la composition de l’équipe : Lily et Takahashi se verraient adjoindre l’aide de deux gardes de Kyuuri, dans lesquels Koharu avait placé tout sa confiance.
     
    - Et finalement, on agit quand ? s’interrogea Takahashi.
    - Il faut aller vite. Je prévois l’opération dans deux jours. Il faut sauver Yuma au plus vite, rétorqua Kinzaki Koharu.
     
    Le temps de la résistance avait commencé.
     
    ***
     

    Mizki se tenait toujours sur le pas de la porte de la chambre, devant les regards médusés de Gumi, Alys, Shirosaki, Rin et Len.
     
    - Je venais juste voir si vous étiez bien installés, commença-t-elle.
     
    Gumi la remercia avec hésitation. Il y eut un instant de silence lourd avant que Mizki ne tourna les talons et se prépara à quitter la pièce.
     
    - Attendez ! fit Gumi. « Euh... on pourrait s’entretenir quelques instants avec vous... Il y a quelque chose d’important que nous devons vous dire... »
     
    La conseillère se retourna, interloquée :
     
    - Cela concerne-t-il votre pays ?
    - Entre autres, oui...
     
    Intriguée par cette réponse énigmatique de Gumi, Mizki s’installa tranquillement dans la chambre. Elle prit place près de la table qui se situait au centre de la pièce, et observa les autres occupants, qui restaient debout.
     
    - Je vais être franche... J’ai l’impression que vous me cachez quelque chose... lança la conseillère.
     
    Gumi et Alys se regardèrent. Elles commençaient à se rendre compte que leur stratégie de jeux de dupes ne serait arrivée nulle part. Mizki se méfiait depuis le début. Peut-être que jouer directement cartes sur table permettrait d’établir une certaine confiance entre les nations de Kuni et de Seisui, même contre l’avis de la Reine Luka. De leur côté, Rin et Len restaient particulièrement attentifs. À tout moment, ils pourraient devenir l’objet de la conversation. En effet, si la question du pays d’origine de Fukase se posait, ils occuperaient un rôle de premier plan.
     
    Gumi prit alors la parole. Elle déballa à Mizki les récents événements auxquels avait dû faire face le pays de Kuni. L’arrivée de Fukase, la bataille d’Uchi (Alys fit, par ailleurs, encore couler quelques larmes quand le récit de Gumi s’étala sur ce point), et enfin la prise de pouvoir du demi-frère de Luka.
     
    - Et surtout, c’est à ce moment-là que nous avions fait une découverte... Il s’avère que la Reine Luka est une Magicienne.
     
    La surprise se refléta sur le visage de Mizki. En temps normal, elle aurait dit que ceci était impossible. Mais le sérieux avec lequel Gumi avait conté son histoire finit par la persuader. Et puis, qu’aurait à gagner la lieutenante à proférer des mensonges contre sa propre Reine ?
     
    - Mais... Luka est bien la fille du Roi de Kuni, Luki, non ? demanda la conseillère.
    - Oui, rétorqua Gumi. « Son sang de Magicienne provient de sa mère... Nous-mêmes n’étions pas au courant... »
    - Je vois... Elle est donc bien la descendante légitime... J’ai une autre question : savez-vous d’où vient ce Fukase ?
    - Nous y voilà, lança Len, qui fit ensuite un pas en arrière, prenant conscience de son intrusion peu subtile dans la conversation.
    - Selon nos informations, il proviendrait d’un monde parallèle... Il serait arrivé sur Kuni via un portail...
     
    Mizki marqua une pause. Un autre monde ? Cela était-il possible ? Si elle était prête à accepter les révélations précédentes, elle éprouva plus de difficultés à accepter cette dernière. Gumi lui présenta alors les jumeaux Kagamine. Rin parla alors de leurs origines, en essayant d’y ajouter le plus de détails possible, comme pour prouver qu’il ne pouvait s’agir d’un mensonge. Puis, Alys prit la parole :
     
    - Encore ? fit Mizki. « Ça n’arrête décidément jamais avec vous ! »
     
    La koryuiste fit alors part à Mizki de leurs découvertes dans la bibliothèque de Kyôu. Elle insista sur l’importance de la barrière de l’île Maho, et sur le fait que celle-ci n’allait plus tarder à tomber. Dorénavant, tout Sekai devait faire face à deux menaces potentielles. Plus le temps passait, plus Mizki semblait dépassée par le flot d’informations. Gumi se contenta alors de conclure :
     
    - Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons besoin de votre aide... Mais nous nous devons de vous dire la vérité...
     
    Mizki se leva lentement de sa chaise, ajusta ses vêtements, et lança :
     
    - Laissez-moi un peu de temps... Mais je ferai part de tout ceci à la princesse IA, sans aucun doute... Je vous demande juste d’attendre le couronnement. En tout cas, merci pour ces informations. Je regrette juste de ne pas avoir appris tout ceci de la bouche même de la Reine Luka.
    - Vous pensez que la princesse voudra nous venir en aide ? demanda naïvement Len, qui recula encore quand il vit le regard assassin de Gumi, qui n’avait pas apprécié qu’il soit si direct.
     
    La conseillère baissa la tête :
     
    - Honnêtement, je ne sais pas. La princesse a perdu beaucoup de membres de sa famille durant la Grande Guerre, et nourrit une certaine rancœur envers les Mages. Mais nos deux pays sont amis. Après le couronnement, nous organiserons une réunion. Je pense que sa décision dépendra de la capacité de votre Reine à être persuasive...
     
    Mizki quitta ensuite la chambre tranquillement. Mentalement épuisée, Gumi s’écroula sur le lit en soupirant.
     
    - Voilà, on ne peut plus faire marche arrière.
     
    L’ambiance de la pièce demeurait lourde. La nuit commençait à tomber, et tous ne traînèrent pas à aller se coucher. Ils avaient bien besoin d’une bonne nuit de sommeil.
     
    ***
     
    Fukase avait pris place dans la diligence royale, et s’apprêtait à partir pour le centre de la capitale, accompagné de trois gardes fidèles. Cela lui donnait l’impression d’être quelqu’un d’important, qui se devait de voyager en escorte. Pourtant, Owari - il n’aimait pourtant pas ce nom - se sentait davantage en sécurité à Kyôu. D’après les derniers échos qu’il avait reçus de Kaito, celui-ci avait bien étendu son influence sur le quartier populaire, si bien que la plupart des potentiels rebelles avaient préféré quitter la ville. De son côté, la population s’était remise petit à petit de la dernière bataille. Cependant, la plupart des habitants avaient l’impression que tout pouvait dégénérer d’un moment à l’autre. La tension politique et militaire se montrait encore très présente. Les rondes de soldats et de gardes se multipliaient dans la ville, et les ouï-dire d’éventuelles coalitions contre le pouvoir en place avaient fait leur chemin. De plus, beaucoup s’interrogeaient également sur la fuite de la Reine Luka. Au final, il régnait sur le pays de Kuni le sentiment d’une nation au bord de l’explosion, malgré l’apparent calme de ses citoyens.
     
    L’homme à la canne continuait, de son côté, la suite de son plan. Il ne comptait bien sûr pas s’arrêter à la conquête de Kuni (la seule personne au courant de ses desseins était d’ailleurs Leora, qui se montrait chaque jour un peu plus comme sa plus fidèle alliée). Mais, il lui fallait fonctionner par étapes. S’il en était toujours à la première phase de son plan, plus rien ne l’empêchait de penser à l’avenir.
     
    La diligence royale arriva finalement près de l’imposante prison de Kyôu, qui n’avait que très peu été abîmée par la récente guerre. Ses murs insurmontables avaient tenu le choc et aucune évasion n’était à déplorer.
     
    Fukase se dirigea vers l’entrée, toujours accompagné par ses trois gardes, chacun armé d’un fusil M16. D’un pas fier, il se dirigea vers le bureau du directeur, Ginsaki Yamato, et l’alpaga directement :
     
    - Je viens libérer un prisonnier. Auriez-vous l’obligeance de me donner les clés de la prison ?
     
    Ginsaki ne releva même pas le nez, et restait plongé dans ses papiers, provoquant soudainement l’ire de son interlocuteur.
     
    - Hum, hum, fit-il d’un ton insistant.
    - Plaît-il ? Rétorqua ironiquement Ginsaki Yamato.
     
    Cette attitude avait le chic pour énerver Fukase. Yamato avait immédiatement compris le caractère du nouveau leader de Kuni, et ne se privait pas pour en jouer.
     
    - Je dois libérer un prisonnier. En tant que votre souverain, je désire que vous vous exécutiez, répliqua Fukase d’un ton solennel.
    - Mon souverain n’est autre que la Reine Luka, répondit Ginsaki tout de go. « Jusqu’à preuve du contraire, je garde le pouvoir sur ce qu’il se passe dans cette prison. Veuillez déguerpir d’ici. »
     
    Le visage de Fukase devint soudainement écarlate. Les trois gardes braquèrent chacun leur fusil sur le visage de Yamato, qui restait stoïque. Le leader s’efforça de garder son calme, alors que le cliquetis des armes des soldats résonnait dans la pièce.
     
    - Vous vous exposez à de très graves sanctions, dit l’homme aux cheveux rouges.
    - Essayez pour voir. Je préfère encore mourir que de trahir la Reine Luka.
    - Ça peut s’arranger...
     
    Fukase fit donc un signe à ses trois compagnons qui s’écartèrent. Puis il ouvrit son manteau, joignit les mains, et murmura :
     
    - Hi no chikara...
     
    Une nuée de flammes se dirigea depuis le sol vers le corps de Yamato, qui criait de douleur. Pourtant, il ne regrettait pas sa décision. Rien n’aurait été plus dégradant que de vivre en sachant qu’il avait trahi son véritable souverain. Quelques secondes plus tard, Fukase ramassa le trousseau de clés qui était posé à côté de ce qui n’était désormais plus qu’un immense tas de cendres.
     
    - Venez, on y a va... ordonna Fukase qui avait subitement retrouvé son calme.
     
    Les quatre personnes parcoururent alors les différents étages de l’établissement. La plupart des prisons étaient fabriquaient en métal. L’odeur du fer rouillé recouvrait toute la prison. Arrivés au troisième étage, Fukase et ses sbires se retrouvèrent soudainement face à l’objet de leur visite. Face à eux se dressait un homme frêle, aux cheveux blonds décoiffés. Fukase mit même un certain temps avant de le reconnaître.
     
    - Yohio... C’est moi... J’ai le plaisir de vous annoncer que vous êtes désormais libre.
     
    Le jeune guerrier accueillit la nouvelle avec un large sourire. On pouvait voir ses dents jaunies au travers de ses mèches décoiffées. Fukase ouvrit la prison, et Yohio sortit rapidement, sous les huées de ses comparses de cellule, auxquels il ne prit même pas la peine de répondre.
     
    - Si vous le voulez bien, nous pouvons nous installer dans le bureau de l’ex-directeur. Fukase avait bien insisté sur le « ex ». « Nous serions plus à l’aise pour discuter. Je crois même que nous pourrions trouver quelque chose à manger. »
     
    Quelques minutes plus tard, Yohio se retrouvait devant une assiette de poisson pleine, qu’il avala goulûment. Dans le même temps, Fukase le mit au courant de la situation.
     
    - Yohio, je pense que vous avait deviné. J’ai pris le pouvoir dans ce pays...
    - Un singe aveugle l’aurait remarqué, rétorqua-t-il, provoquant de ce fait un rictus dans le chef de son mentor.
    - Cependant, je dois bien avouer que tout ne s’est pas passé comme prévu...
    - Laissez-moi deviner... Kyuu et Roku se sont enfuis ?
    - Votre perspicacité m’étonnera toujours... De plus, Luka et son état-major sont en exil...
    - Mmh...
     
    Yohio finit son assiette jusqu’à la dernière miette. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas pu profiter d’un tel repas.
     
    - Je ne peux malheureusement pas mobiliser toute mon armée pour les retrouver... J’ai d’autres choses à régler ici, informa Fukase.
    - Vous voulez que je retrouve Kyuu et Roku ?
    - Exactement. Ils sont en possession d’informations très importantes, et je ne voudrais pas qu’elles passent à l’ennemi. Il faut donc retrouver ces jumeaux coûte que coûte. Et je me chargerai personnellement de leur châtiment. Je reste leur tuteur, après tout... lança-t-il dans un rire sadique.
     
    Yohio voulait plus que tout se venger des Genshine. Il savait pertinemment que Fukase ne pouvait pas leur faire confiance. L’idée même de cette chasse à l’homme le motivait.
     
    - Avez-vous une idée de l’endroit où ils sont partis ?
    - Certains soldats les auraient aperçus au sud de la capitale. Mais, si vous voulez mon avis, ils ont dû se débrouiller pour quitter l’île. Je vous mets donc à disposition un navire de guerre rien que pour vous. Cela vous permettra de voyager dans Sekai.
    - Merci, chef...
    - Une autre chose... S’il vous arrivait de tomber sur la Reine Luka, sachez que je la veux vivante.
    - C’est entendu...
     
    Yohio se dirigea ensuite vers la salle de bain du directeur, et se fit un petit brin de toilette (il en avait bien besoin). Fukase, lui, retourna tranquillement au Palais, après avoir salué respectueusement son subordonné.
     
    Quelques instants plus tard, Yohio foulait à nouveau le sol extérieur de la capitale. Il prit un grand bol d’air et s’écria à l’adresse des Genshine :
     
    - Attendez-moi, mes petits amis. J’arrive...
     
    ***
     
    Kyuu et Roku restaient immobiles devant le Palais Royal de Kabegami. Bien que celui-ci soit moins impressionnant que d’autres bâtiments qu’ils avaient déjà pu observer, ils se posaient encore tout un tas de questions. Comment allaient réagir les membres proches de la Reine Luka lorsqu’ils se présenteraient à eux ? Par légère crainte, les jumeaux restèrent donc cachés au détour d’une proche ruelle sombre, et analysèrent les vas-et-viens de et vers le château.
     
    - Nous y voilà, Roku…
    - Oui, Kyuu…
     
    Ils se contentèrent de rester plantés à cet endroit, comme s’ils étaient à la recherche de leur destin. Celui-ci frappa vite à leur porte, si l’on peut dire, quand une jeune fille blonde à l’allure familière sortit rapidement du Palais, accompagné d’un autre adolescent.
     
    Au loin, les Genshine entendirent Rin s’écrier :
     
    - Ah, c’est chouette de pouvoir sortir un peu…
     
    L’apparent optimisme de son discours contrastait fortement avec sa mine sombre. Rin et Len étaient encore sous le choc de leur conversation avec Mizki, et s’interrogeaient sur l’avenir des événements, et plus particulièrement sur la réaction de Luka et de Miku. Les Kagamine avaient demandé de pouvoir se promener quelques temps dans la capitale, histoire de se changer les idées. Un peu à contrecœur, Gumi accepta, mais leur ordonna de s’emparer de leur katana. Même si les exilés étaient en sécurité sur l’archipel de Seisui, mieux valait rester prudents.
     
    Kyuu déglutit fortement. C’était le moment ou jamais, mais il se doutait de la réaction des jumeaux, surtout de Len. Il n’allait certainement pas se montrer amical. Roku lui fit alors une légère tape sur l’épaule, comme pour lui donner du courage. Puis, les Genshine s’avancèrent subrepticement au centre de la petite place qui marquait l’entrée du Palais.
     
    En voyant les jumeaux, Len s’écria :
     
    - Vous ?!
     
    Il dégaina rapidement son sabre et se lança directement vers Kyuu, qui, lui aussi, déballa son katana à une vitesse prodigieuse pour parer le coup de l’ennemi. Dans le même temps, Rin tenta, tant bien que mal, de mettre fin à la fureur de son frère. Contrairement à Len, elle avait pris le temps d’analyser les réactions des frères aux cheveux verts et en avait déduit qu’ils ne devaient pas être si mauvais. Malheureusement, ses supplications n’eurent aucun effet. Len et Kyuu se lancèrent dans un combat violent. Roku vint alors à la rencontre de Rin – prudemment – et tenta d’engager la conversation.
     
    - Nous avons fui, nous aussi… Nous voulons vous aider, murmura-t-il.
     
    Rin l’avait bien entendu, mais elle restait davantage concentrée sur le combat qui avait lieu juste devant son nez. Des passants s’étaient également arrêtés au même endroit, constituant une sorte de grand cercle autour des deux combattants.
     
    - Euh… Je pense qu’il faudrait les laisser régler leurs différends à leur façon… déclara Roku à Rin, surprise.
    - Mais, ils vont se blesser !
    - Ne t’inquiète pas. Kyuu n’a pas l’intention de blesser ton frère. Regarde mieux, il ne fait quasiment que parer ses coups. Il ne profite pas des ouvertures que ton frère lui laisse.
    - A quoi ça sert alors ?
    - Ils ont besoin de se défouler… Si ton frère a le même caractère que Kyuu, il ne doit pas être très bon pour communiquer… souffla le cadet des Genshine.
     
    Pendant ce temps, le combat continuait. Len s’échinait de toutes ses forces à atteindre le corps de Kyuu, sans succès, celui-ci bloquant toutes ses tentatives. Rapidement, le blondinet s’effondra de fatigue. Il avait tout donné mais ne pouvait rien faire contre un combattant aguerri. En même temps, il n’avait appris à se battre que depuis quelques mois, alors que les Genshine s’étaient entraînés depuis leur plus tendre enfance.
     
    - C’est bon ? Tu as fini ? lança Kyuu. « Quand tu auras le temps, tu pourras peut-être nous écouter ? »
     
    Len frappa son poing sur le sol sablonneux de la place, tentant d’expulser sa rage. Puis, il eût un regard pour sa sœur, qui lui sourit, et lui signifia silencieusement que les deux familles de jumeaux n’étaient désormais plus ennemies. Len prit quelques secondes pour se relever, et se dirigea vers Kyuu, l’air grave.
     
    - Qu’est-ce que vous voulez ?
    - Nous nous sommes enfuis aussi… On n’en pouvait plus… Et comment dire… Je pense qu’on pourrait peut-être vous aider...
     
    Surpris, Len se dirigea vers Rin. « Qu’est-ce qu’on fait ?», dit-il. Rin ne répondit pas et invita les Genshine à entrer dans le Palais. Kyuu et Roku les suivirent tranquillement, et sentirent leur taux d’adrénaline monter en flèche.
     
    ***