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    Auteur Sujet: Lolita (1962) de Stanley Kubrick  (Lu 1296 fois)

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    Ludwig DeLarge

    • Invité
    Lolita (1962) de Stanley Kubrick
    « le: 31 mai 2014, 21:29:41 »
    Dix ans avant Orange mécanique, un des plus grands génies du cinéma provoquait déjà les foules mondaines en frappant au cœur d'un sujet on ne peut plus tabou : la pédophilie. Perversité, vice, drame et tragédie, retour sur Lolita, signé par Stanley Lubrick Kubrick.



    LE SCÉNARIO

    Il faut déjà savoir que ce film, comme beaucoup de films de Kubrick, est adapté d'un roman qui a fait beaucoup de bruit à l'époque : Lolita, livre de Vladimir Nabokov (naturalisé américain) sorti en 1955. Il faut se replacer dans le contexte. Stanley Kubrick venait de faire, il y a quelques années, le péplum du nom de Spartacus (dont un clin d'œil est effectué dès le début de Lolita), lui offrant une certaine réputation sur le territoire américain. Mais ses envies de traiter en images un tel sujet effrayait les producteurs locaux, et Stanley a donc dû se réfugier chez les Britanniques pour avoir la vie tranquille.

    C'est donc un scénario adapté, et terriblement bien adapté. Dans le script, nombreuses sont les allusions sexuelles que chaque personnage omet sans le vouloir ; les fonds de dialogue nous plongent donc déjà dans les lubies de l'écrivain Humbert pour la petite Dolorès. (faisant d'ailleurs penser à ''douleur''… étrange, n'est-ce pas ?) L'intrigue possède un bon rythme malgré les 2 heures 30. On connaît déjà la fin dès le début, mais cette conclusion du meurtre de Clare Quilty, génie excentrique, est tellement intrigante (même au bout d'une heure) qu'on se demande comment a t-elle pu avoir lieu. Je n'ai pas envie de vous spoiler mais c'est quelque chose qui me semble être un gros défaut par rapport au livre, puisqu'on sait déjà à quoi ressemble le personnage.

    Mais d'un autre côté, le film permet de refléter toute la psychologie du roman, plus dans la mise en scène toutefois.


    LA MISE EN SCÈNE


    Comme le montre cette image, les allusions sexuelles sont omniprésentes et reflètent bien l'univers dans lequel Humbert évolue. C'est presque son monde à lui, un monde duquel il voudra à la fois s'enfuir (pour ne plus voir personne) et se plonger (rester avec Lolita). Cet univers, miroir de la pensée, est caractéristique de celui que l'on retrouve également dans Orange mécanique.

    La lumière et le cadrage sont toujours aussi bien gérés au millimètre, même si Stanley Kubrick n'a pas encore adopté son style de plans fixes et larges associés à des points de fuite. On remarque tout de même des travelling et des mouvements de caméra assez ambitieux : passage d'un décor à un autre en traversant le sol ou le mur, suivi de personnage style caméra à l'épaule… Mais il suit encore un cadrage assez standard. La lumière est quant à elle, très bien travaillée. En témoignent certaines scènes dont la plus remarquable selon moi, qui relève de ce symbolisme omniprésent, est celle où Humbert se retrouve dans le lit de la mère de Lolita, qu'il vient d'épouser. La mère, hein, pas la fille. Alors qu'il se fait chouchouter sensuellement par sa nouvelle femme, il observe avec une envie certaine le portrait de Lolita, posée sur la table de nuit. Ce plan a provoqué graaand bruit parmi les foules puisque qu'Humbert associe plaisir sexuel avec désir pédophile. Chose démentie par Stanely Kubrick un peu plus tard, mais bon, les images parlent d'elles-même. Puis, Humbert se détourne du portrait, et se retrouve face à un revolver six coups, posé sur une autre table de nuit par sa femme, souvenir de son ex-mari décédé. C'est ça qui est réellement fort dans ce dilemme, that is the question… le vice, ou le crime ?


    Un autre symbolisme est celui du meurtre de Quilty à travers un tableau… représentant une jeune femme. En tirant, Humbert tue son ennemi, mais aussi son désir, au bout de plusieurs années de torture mentale.

    LE JEU D'ACTEUR

    Le jeu d'acteur de Sue Lyon, interprétant Lolita, est remarquable. De la colère au mépris total, du vice à l'innocence, la séduisante Lolita est parfaitement jouée sous toutes ses facettes. En passant, la jeune Lolita a 15 ans dans le film et 12 ans dans le roman, Stanley Kubrick évite ainsi une censure trop sévère. Mention spéciale également à Peter Sellers, qui joue 4 rôles à la fois mais le même personnage, chose qui se reproduira dans Docteur Folamour, du même réalisateur.
    James Mason, qui a d'ailleurs joué dans La Mort aux trousses du Maître du Suspens, interprète Humbert, et ce avec sa psychologie régnante. La scène du lit, citée précédemment, la reflète avec brio. (avec qui ?)

    LA MUSIQUE

    Différentes orchestrations d'un même thème, chose que l'on retrouvera très tôt dans les Tontons Flingueurs, film d'un tout autre genre. Le cha cha cha rappelle bien ce caractère exotique et sensuel que délivre Lolita.


    En conclusion : un film intéressant en soi, avec une psychologie profonde et une analyse parfaite du désir interdit.


    LA NOTE DE LUDWIG : 13,5/20
    « Modifié: 01 juin 2014, 16:23:47 par Ludwig DeLarge »